RAC : Le ROF déplore l’absence d’avancées pour garantir la santé visuelle des Français.

Au sortir de la dernière réunion de la concertation sur le reste à charge zéro (RAC 0) ce 25 mai 2018 avant la saisine de la Haute Autorité de Santé (HAS), le Rassemblement des Opticiens de France (ROF) regrette le choix de la Direction de la Sécurité Sociale (DSS) de durcir les conditions d’accès aux soins visuels pour les Français.

De nombreux points de l’avis de projet de nomenclature publié au Journal Officiel le 28 avril 2018 vont à l’encontre de la promesse de Madame la ministre des Solidarités et de la Santé d’améliorer l’accès aux soins et la prévention à travers la réforme du RAC 0. La DSS souhaite ainsi maintenir plusieurs dispositions problématiques, comme par exemple :

– Imposer la péremption de l’ordonnance quand celle-ci n’a pas été exécutée au bout d’un an, empêchant l’opticien de contrôler et adapter si besoin cette ordonnance pendant 3 ou 5 ans et de libérer du temps médical au médecin prescripteur ;

– Empêcher les Français, sans aucune étude ni évaluation préalables, d’être remboursé avant 2 ans, sauf en cas d’une perte d’acuité visuelle d’au moins 5/10ème, seuil limite qui permet la conduite une voiture par exemple. Pour la première fois en France une réforme censée améliorer la qualité de soins empêchera délibérément la prise en compte d’un défaut de santé constaté par un professionnel.

Le ROF constate l’absence de volonté de la DSS de fluidifier l’accès aux soins pour les Français, alors même que les difficultés d’accès à un ophtalmologiste sont la première cause de renoncement aux soins optiques, avec des délais de rendez-vous de 117 jours en moyenne. Le ROF regrette également les mesures dénaturant l’objectif de la réforme fixé par Madame la ministre des Solidarités et de la Santé.

Ainsi la possibilité de panacher des produits RAC 0 avec des produits à prix libre est une mesure anti-sociale : les porteurs choisissant un reste à charge sur la monture, donc en capacité de payer, bénéficieront de la solidarité nationale pour financer leurs verres. Cet effort de l’Etat devrait être fléché en priorité vers ceux qui ne peuvent pas subir le moindre reste à charge. Enfin, la baisse annoncée du montant de remboursement de la montures pour tous les équipements vendus en dehors de l’offre RAC 0 » va nécessairement majorer le reste à charge de l’ensemble des Français.

L’actuel projet de réforme aura donc comme conséquences pour les Français les plus modestes une baisse des remboursements combinée à une hausse de la cotisation mutuelle, un accès à des équipements dont la performance visuelle sera dégradée et un accès aux soins rendu encore plus difficile et préoccupant qu’il ne l’est déjà.

Dans la continuité des propos du Premier ministre tenus lors du Facebook live du 23 mai 2018, le ROF maintient sa volonté d’aboutir à un accord avec la DSS, afin qu’a partir du 1er janvier 2020, les Français puissent être mieux couverts et protégés en ayant accès à des soins et des équipements de qualité sans reste à charge.

(Communiqué)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *