Etude de grande ampleur portant sur la myopie (Krys Group)

KRYS GROUP et le CHU de Poitiers dévoilent les premiers résultats d’une étude inédite en France. Lancée en 2016, il s’agit de la première étude de grande ampleur sur la myopie en France. Partant du constat que le nombre d’individus souffrant de myopie, et de myopie forte, ne cesse d’augmenter dans le monde, KRYS GROUP cherche à mieux connaître l’incidence et la prévalence de la myopie dans la population française. Menée en collaboration avec le CHU de Poitiers, et dirigée par le Pr Nicolas Leveziel, cette étude va permettre d’analyser sur 8 ans les données anonymisées collectées par 696 magasins Krys auprès de 4,7 millions de personnes.

Le Groupe présente aujourd’hui des résultats préliminaires portant sur la myopie de l’enfant.

Si les courbes actuelles de l’incidence de la myopie ne s’infléchissent pas, on peut s’attendre à ce que près de la moitié de la population mondiale souffre de myopie en 20501 (contre 23% en 2000). L’Asie est la région du monde la plus concernée par cette augmentation, mais l’Europe n’est pas épargnée puisque la myopie touche actuellement environ 40% des 12-54 ans, contre 20% dans les années 70.

696 magasins KRYS GROUP participent à cette étude, ce qui permet d’étudier les données anonymisées de 621 000 enfants âgés de 0 à 18 ans pour réaliser une étude de référence.

44% des Français âgés de 18 ans sont myopes.

La distribution de la fréquence par classe d’âge montre un glissement progressif vers la myopie entre 0 et 6 ans, avec une fréquence de 0,6% à 1 an, 2,2% à 3 ans et 6,7% à 6 ans et une stabilisation ensuite.

Au total, 27% de l’ensemble des enfants de ce groupe présentent une myopie et à 18 ans, près de 44% en sont atteints. Sur l’ensemble du groupe, la myopie est faible dans 21,86% des cas, modérée dans 4,38% des cas, forte pour 0,70% des enfants et enfin très forte pour 0,10%.

Ces résultats préliminaires, issus de données rétrospectives sur 5 ans, fournissent un premier état des lieux de la fréquence de la myopie en France. La poursuite de l’observation pendant 3 ans fournira une évaluation prospective, avec des données d’incidence inédites. Les données seront ensuite corrigées pour pouvoir être rapportées à la population générale et établir si la France participe à ce que certains dénomment déjà le « Myopia boom ».

Comment expliquer cette augmentation récente de l’incidence de la myopie, qui a commencé dans les années 1990 ? L’explication n’est pas univoque et des facteurs génétiques et environnementaux sont étroitement intriqués. Parmi les facteurs environnementaux, le manque de lumière est celui qui est le plus fortement associé à la myopisation. Il est démontré que la composition spectrale de la lumière, sa rythmicité et sa fréquence influent sur la croissance du globe oculaire et qu’une exposition à la lumière du jour pendant la période de croissance du globe oculaire en normalise partiellement une croissance anormale.

Des mesures simples pourraient ainsi réduire l’ampleur du Myopia Boom : exposer les enfants à la lumière du jour, utiliser des éclairages enrichis en rouge et éviter le soir les écrans et les jouets émettant de la lumière bleue. Verres, orthokératologie et lentilles : la technologie au secours de la myopie.

Actuellement, plusieurs moyens de contrôle existent :

– L’orthokératologie, a désormais prouvé des effets significatifs grâce à des lentilles à géométrie « reverse » de type tétracourbe, qui remodèlent la cornée en une forme de plateau. De nombreux travaux comparant l’orthokératologie au port de lunettes ou à des lentilles souples montrent des résultats probants sur la freination de la myopie ;

– L’atropine 0.01% en collyre donne des résultats significatifs en permettant de réduire de 50 % la progression de la myopie. En France, l’atropine est disponible uniquement en préparation pharmaceutique hospitalière. La technologie contribue fortement à la mise au point de nouveaux dispositifs de contrôle de la myopie ;

– Les verres de défocalisation à multiples segments (Defocus Incorporated Multiple Segments ou DIMS) développés par HOYA, sont actuellement en développement. Cette technologie a obtenu très récemment le Grand Prix au salon 2018 des inventions de Genève. Une étude randomisée réalisée en Chine montre que le port quotidien de ce dispositif ralentit de façon significative la progression myopique et l’élongation axiale de l’œil chez les enfants myopes.

– Les lentilles MiSight® 1 day de COOPERVISION font actuellement l’objet d’une étude clinique en France. Les résultats de la phase 1 montrent, après 36 mois, une freination de l’évolution de la réfraction de 59% par rapport au groupe contrôle. La phase 2 de l’étude a débuté et devrait durer 3 ans.

Quelques mesures simples à adopter :

La priorité doit être donnée aux mesures environnementales, avec la pratique d’activités extérieures pour favoriser l’exposition à la lumière (avec protection solaire car l’exposition aux UV n’est pas utile). Si la lecture n’a pas prouvé son impact sur le risque de myopie, il est toutefois conseillé de respecter une distance de 30 cm entre l’œil et le livre ou l’écran et d’effectuer des interruptions de la lecture toutes les 20 minutes. Le travail sur écran, qui diffuse de la lumière bleue, devrait être limité.

L’évolution rapide de la prévalence de la myopie à travers le monde en fait un réel problème de santé publique. L’identification des causes environnementales et les progrès technologiques laissent entrevoir une possibilité de contrôle de son évolution. Le risque de cécité en est le véritable enjeu.

(Communiqué)

 

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