Lettre ouverte des OLU au ROF

Cher Mr Balbi, chers confrères du ROF. Les Opticiens Lunetiers Unis (OLUs) constatent que le protocole que vous avez signé est insatisfaisant – voire dangereux – pour l’immense majorité d’entre nous, dont beaucoup sont sous enseignes et donc membres du Rassemblement des Opticiens de France (ROF) de manière plus ou moins volontaire. Nous imaginons quelle a du être la pression que vous avez subie. C’est pourquoi nous respectons votre engagement, même si nos combats ne vont pas dans le même sens. Le nôtre, c’est surtout la loi Le Roux sur les remboursements différenciés. Loi que vous vous êtes engagés à combattre dès les premiers articles de votre charte de constitution. Ces remboursements différenciés, le protocole signé par vous les renforce. Il permet même un déremboursement total en dehors des réseaux. Inéluctablement ! Par ailleurs, ce texte est parsemé d’aberrations médicales et économiques. Avez-vous remarqué que la formulation de l’article 4 impose aux OCAM de baisser de 33% le remboursement des verres dans les contrats responsables ? Il y aurait des dizaines de questions du même genre à poser sur les codes LPP, le rapport entre marché A et B, l’inculture médicale sur les indices, les pré-calibrages, les appairages, les verres neutres obligatoirement avec filtres etc… Le présent courrier n’est pas là pour tout pointer. Sa raison d’être est de vous dire que l’on comprend très bien que vous ayez pu être faillible. Qui ne l aurait pas été ? Qui n’a pas fait d’erreurs ? Qui n’a pas intégré un métier qu’il ne connaissait pas sans casser des œufs ? Le problème aujourd’hui est que la moitié de la filière – en amont et en aval – va être impactée avec un risque massif de dépôts de bilans et de chômage par dizaine de milliers d’emplois. Le problème aujourd’hui est que notre/votre métier va mourir dans les mains avides des financiers que vous vous êtes engagés à combattre. Le problème aujourd’hui est que nos vocations, nos savoir-faire, nos fonds de commerce, la vie de nos familles, la transmission à nos enfants… tout cela va mourir. Le problème aujourd’hui, est qu’avec un panier moyen à 450€ et un taux de marge nette de 4%, toute vente moyenne inférieure a 430€ est a perte. Il nous est totalement impossible d’absorber plus des 5% de vente à perte que nous supportons déjà avec la CMU-c. Le problème aujourd’hui, est qu’à de tels niveaux de prix, c’est la fin de la fabrication européenne de montures et de verres. C’est la porte ouverte aux importations chinoises les plus minables par conséquent. Le problème aujourd’hui, est qu’on a 3000 gamins chaque année dans nos écoles, souvent très chères. Que va t’on en faire ? Le problème aujourd’hui est que vous avez dans vos mains nos vies, nos engagements financiers, notre avenir, et que nous avons l’outrecuidance de croire que nous sommes les seuls a pouvoir en décider dans notre for intérieur. Cher Mr Balbi, chers confrères du ROF, sans aucune provocation, rancœur ou esprit de chapelle que nous n’avons pas, nous sommes transverses il est bon de le rappeler, nous vous demandons de rompre aussitôt ce protocole d’accord. Tant que ce n’est qu’un protocole, vous en avez le pouvoir. Sans sanction ou indemnisation. On se grandit à reconnaitre ses manques. On s’entoure de foules de soldats dévoués en le faisant. On gagne des guerres en les menant ensemble… humblement, mais fortement. Cher Mr Balbi, chers confrères du ROF, sans aucune provocation, rancœur ou esprit de chapelle que nous n’avons pas, nous sommes transverses, il est bon de le rappeler, nous vous demandons de rompre immédiatement ce protocole d’accord, tant que ce n’est qu’un protocole. Vous en avez le pouvoir, le devoir, et ce sans sanction ou indemnisation. Merci par avance de nous entendre. Merci de nous comprendre. Bien confraternellement,

Le bureau des OLUs.

(Opticiens Lunetiers Unis)

RAC 0 : la position des ophtalmologistes

Dr Thierry Bour, Président du SNOF : « Réduire les délais d’attente tout en garantissant aux patients un parcours de soins sécurisé est notre priorité. Ce début d’année marque l’accélération de la mise en place du travail aidé et le déploiement des protocoles organisationnels à l’échelle de toute la France. A l’heure où les débats autour du reste à charge zéro en optique battent leur plein, nous avons œuvré pour que cette réforme soit cohérente avec les besoins en soins visuels des Français. »

Ce matin, le SNOF présente les avancées en matière d’ophtalmologie qui permettront d’optimiser le parcours de soins des patients, avec à la clé une réduction des délais d’attente. Déjà moteur dans l’accélération de la délégation des tâches et du déploiement des protocoles organisationnels, le SNOF s’est également engagé dans la réforme du reste à charge zéro en optique pour que celle-ci tienne compte des spécificités médicales.

Le reste à charge zéro en optique : la santé des Français avant tout

La filière visuelle tient une grande place dans la réforme du reste à charge zéro comme l’a rappelé le Président de la République lors de son discours au congrès de la Mutualité le 13 juin dernier. Les pouvoirs publics ont fait appel au SNOF lors des discussions concernant cette réforme afin d’émettre un avis sur l’intérêt médical du reste à charge zéro en optique.

Le SNOF s’est donc attaché à ce que chacun puisse se trouver en situation d’être équipé pour son problème visuel, notamment en cas d’évolution rapide. Cela impliquait, entre autres, d’obtenir des dérogations à la règle générale pour certains cas et lister ceux pour lesquels la prescription par un ophtalmologiste était nécessaire, en complémentarité avec les situations pour lesquelles les opticiens pouvaient directement effectuer une adaptation de la correction, toujours avec l’objectif de ne pas utiliser du temps médical quand cela n’est pas nécessaire.

« Nous avons obtenu des évolutions utiles pour la santé des Français. De plus, la santé visuelle des enfants devait être traitée à part. Nous avons souhaité qu’il n’y ait aucun délai de renouvellement minimal des verres pour eux, lorsqu’intervient une dégradation de la vue vérifiée par un ophtalmologiste » rappelle le docteur Xavier Subirana, vice-président du SNOF.

La délégation des tâches en cabinet accélère

Depuis 2015, le déploiement de la délégation des tâches a été très dynamique grâce à une forte mobilisation des ophtalmologistes soutenue par des décisions pertinentes des pouvoirs publics. Le SNOF a réalisé au 1er semestre 2018 une enquête auprès de ses adhérents qui révèle que 60%* des ophtalmologistes utilisent le travail aidé. Elle dévoile également que les ophtalmologistes travaillent très majoritairement avec des orthoptistes, partenaires naturels dans les délégations de tâches. Une collaboration accélérée grâce au décret des orthoptistes de décembre 2016 et aux contrats de coopération visuels.

 Le docteur Thierry Bour déclare : « La délégation de tâches accélère, c’est une bonne nouvelle pour notre profession et les patients ! En 2015, 30% des ophtalmologistes pratiquaient le travail aidé en cabinet, cette année c’est 60%. Nous sommes en avance sur notre objectif initial d’avoir 80% de travail aidé en 2025. »

 Et ces délégations portent déjà leurs fruits :

–        en 2017 les délais d’attente se sont stabilisés à 87 jours (selon une enquête IFOP)

–        le nombre de patients vus grâce au travail aidé augmente de 26% selon la CNAMTS

–        l’ophtalmologiste libère du temps médical en se recentrant sur les examens et la synthèse pour lesquels il est indispensable

 « Les solutions mises en œuvre montrent déjà leurs effets et ce n’est que le début. Mais pour que celles-ci fonctionnent pleinement, il est impératif d’augmenter le nombre d’ophtalmologistes formés. En 2017 la spécialité d’ophtalmologie avait obtenu seulement 141 postes, ce qui est bien insuffisant, car nous estimons que pour combler les besoins il en faudrait 240. La balle est dans le camp des pouvoirs publics et nous attendons avec impatience la répartition des postes à l’ECN cette année », insiste le Dr Bour.

 2018 : de nouveaux protocoles de délégation de tâches efficaces

Cette année, trois nouveaux protocoles organisationnels se mettent en place en milieu d’année pour faciliter le parcours de soins des patients.

 –        Le protocole Muraine, 1er protocole de coopération en télémédecine au niveau national. Il permet aux orthoptistes de réaliser l’ensemble du bilan visuel au sein d’une structure à distance et de télétransmettre les résultats du bilan pour interprétation aux ophtalmologistes, sans présence du patient. Ce protocole propose, pour la première fois, un cadre légal de travail en commun entre orthoptistes et ophtalmologistes libéraux et constitue une offre complémentaire dans les zones médicales sous-dotées. L’acte est à 28€, pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie avec tiers-payant intégral, sans dépassement.

–        Le RNO : ce protocole organisationnel autorise l’orthoptiste à réaliser un bilan visuel en l’absence de l’ophtalmologiste dans le cadre du renouvellement ou de l’adaptation des corrections optiques chez les patients de 6 à 50 ans avec lecture médicale du dossier en différé. Ce protocole constitue unemodernisation des processus internes au cabinet médical avec une rémunération d’équipe et démontre l’adaptation de la profession aux besoins actuels de certains patients. L’acte est aussi à 28€.

–        Rétinopathie diabétique : grâce à ce protocole organisationnel, l’orthoptiste peut faire des examens (photo du fond de l’œil, évaluation de la vision, prise du tonus oculaire…) et les télétransmettre à l’ophtalmologiste qui analysera les résultats. Ce protocole permet une meilleure adaptation aux besoins des malades et devrait stimuler le dépistage de la rétinopathie diabétique. Il peut être réalisé en travail aidé ou en télémédecine.

Le président du SNOF déclare : « Ces protocoles réduiront les délais d’attente et faciliteront les parcours de soins pour les patients. Par exemple, l’entrée du protocole RNO dans le cadre commun donne une nouvelle dynamique en matière de soins. Nous avons pour objectif d’examiner 100 000 patients par an grâce à ce protocole, soit trois fois plus qu’avec le protocole de coopération RNO ».

(Communiqué du SNOF)

Le ROF rencontre Agnès Buzyn : une réforme globale est annoncée

Suite aux annonces du Président de la République et à la signature de l’accord RAC 0 le 13 juin 2018 après plusieurs mois de négociations entre le Rassemblement des Opticiens de France (ROF) et la Direction de la Sécurité Sociale, André BALBI, Président du ROF, a échangé avec Madame la Ministre des Solidarités et de la Santé ce 20 juin 2018. L’entretien a porté sur les évolutions à venir concernant l’organisation de la filière visuelle et le parcours de soins des Français.

L’accord sur le « 100% santé » va permettre à chaque Français d’avoir accès à des lunettes 100% remboursées. Sa mise en œuvre s’accompagnera d’une évolution en profondeur de la filière visuelle et du métier d’opticien, pour répondre à l’autre grand défi actuel : la fluidification de l’accès aux soins.

Madame la Ministre a exprimé sa volonté forte d’y remédier rapidement, en renforçant le rôle de l’opticien comme acteur de proximité de la santé visuelle des Français, en développant sa formation initiale sur 3 ans, ses compétences santé et ses missions de prévention et de dépistage. Dans les mois à venir, c’est ainsi une réforme globale de l’accès aux soins visuels qui va être coconstruiteLa signature de l’accord « 100% santé » permettra aux opticiens d’y participer et d’y prendre toute leur place.

Plusieurs comités de suivi seront lancés dans les prochaines semaines, portant sur la diffusion des offres 100% santé, sur l’impact économique de cette réforme sur l’activité des opticiens et sur les engagements du Gouvernement concernant l’évolution de la filière visuelle.

Par ailleurs, ce rendez-vous a été l’occasion de présenter à Madame la Ministre les revendications du ROF sur le tiers payant et sur la suppression du remboursement différencié. Ce dernier point a été illustré par des exemples démontrant l’atteinte faite à la liberté et à l’égalité d’accès aux soins des porteurs.

 

(Communiqué du ROF)

Etude de grande ampleur portant sur la myopie (Krys Group)

KRYS GROUP et le CHU de Poitiers dévoilent les premiers résultats d’une étude inédite en France. Lancée en 2016, il s’agit de la première étude de grande ampleur sur la myopie en France. Partant du constat que le nombre d’individus souffrant de myopie, et de myopie forte, ne cesse d’augmenter dans le monde, KRYS GROUP cherche à mieux connaître l’incidence et la prévalence de la myopie dans la population française. Menée en collaboration avec le CHU de Poitiers, et dirigée par le Pr Nicolas Leveziel, cette étude va permettre d’analyser sur 8 ans les données anonymisées collectées par 696 magasins Krys auprès de 4,7 millions de personnes.

Le Groupe présente aujourd’hui des résultats préliminaires portant sur la myopie de l’enfant.

Si les courbes actuelles de l’incidence de la myopie ne s’infléchissent pas, on peut s’attendre à ce que près de la moitié de la population mondiale souffre de myopie en 20501 (contre 23% en 2000). L’Asie est la région du monde la plus concernée par cette augmentation, mais l’Europe n’est pas épargnée puisque la myopie touche actuellement environ 40% des 12-54 ans, contre 20% dans les années 70.

696 magasins KRYS GROUP participent à cette étude, ce qui permet d’étudier les données anonymisées de 621 000 enfants âgés de 0 à 18 ans pour réaliser une étude de référence.

44% des Français âgés de 18 ans sont myopes.

La distribution de la fréquence par classe d’âge montre un glissement progressif vers la myopie entre 0 et 6 ans, avec une fréquence de 0,6% à 1 an, 2,2% à 3 ans et 6,7% à 6 ans et une stabilisation ensuite.

Au total, 27% de l’ensemble des enfants de ce groupe présentent une myopie et à 18 ans, près de 44% en sont atteints. Sur l’ensemble du groupe, la myopie est faible dans 21,86% des cas, modérée dans 4,38% des cas, forte pour 0,70% des enfants et enfin très forte pour 0,10%.

Ces résultats préliminaires, issus de données rétrospectives sur 5 ans, fournissent un premier état des lieux de la fréquence de la myopie en France. La poursuite de l’observation pendant 3 ans fournira une évaluation prospective, avec des données d’incidence inédites. Les données seront ensuite corrigées pour pouvoir être rapportées à la population générale et établir si la France participe à ce que certains dénomment déjà le « Myopia boom ».

Comment expliquer cette augmentation récente de l’incidence de la myopie, qui a commencé dans les années 1990 ? L’explication n’est pas univoque et des facteurs génétiques et environnementaux sont étroitement intriqués. Parmi les facteurs environnementaux, le manque de lumière est celui qui est le plus fortement associé à la myopisation. Il est démontré que la composition spectrale de la lumière, sa rythmicité et sa fréquence influent sur la croissance du globe oculaire et qu’une exposition à la lumière du jour pendant la période de croissance du globe oculaire en normalise partiellement une croissance anormale.

Des mesures simples pourraient ainsi réduire l’ampleur du Myopia Boom : exposer les enfants à la lumière du jour, utiliser des éclairages enrichis en rouge et éviter le soir les écrans et les jouets émettant de la lumière bleue. Verres, orthokératologie et lentilles : la technologie au secours de la myopie.

Actuellement, plusieurs moyens de contrôle existent :

– L’orthokératologie, a désormais prouvé des effets significatifs grâce à des lentilles à géométrie « reverse » de type tétracourbe, qui remodèlent la cornée en une forme de plateau. De nombreux travaux comparant l’orthokératologie au port de lunettes ou à des lentilles souples montrent des résultats probants sur la freination de la myopie ;

– L’atropine 0.01% en collyre donne des résultats significatifs en permettant de réduire de 50 % la progression de la myopie. En France, l’atropine est disponible uniquement en préparation pharmaceutique hospitalière. La technologie contribue fortement à la mise au point de nouveaux dispositifs de contrôle de la myopie ;

– Les verres de défocalisation à multiples segments (Defocus Incorporated Multiple Segments ou DIMS) développés par HOYA, sont actuellement en développement. Cette technologie a obtenu très récemment le Grand Prix au salon 2018 des inventions de Genève. Une étude randomisée réalisée en Chine montre que le port quotidien de ce dispositif ralentit de façon significative la progression myopique et l’élongation axiale de l’œil chez les enfants myopes.

– Les lentilles MiSight® 1 day de COOPERVISION font actuellement l’objet d’une étude clinique en France. Les résultats de la phase 1 montrent, après 36 mois, une freination de l’évolution de la réfraction de 59% par rapport au groupe contrôle. La phase 2 de l’étude a débuté et devrait durer 3 ans.

Quelques mesures simples à adopter :

La priorité doit être donnée aux mesures environnementales, avec la pratique d’activités extérieures pour favoriser l’exposition à la lumière (avec protection solaire car l’exposition aux UV n’est pas utile). Si la lecture n’a pas prouvé son impact sur le risque de myopie, il est toutefois conseillé de respecter une distance de 30 cm entre l’œil et le livre ou l’écran et d’effectuer des interruptions de la lecture toutes les 20 minutes. Le travail sur écran, qui diffuse de la lumière bleue, devrait être limité.

L’évolution rapide de la prévalence de la myopie à travers le monde en fait un réel problème de santé publique. L’identification des causes environnementales et les progrès technologiques laissent entrevoir une possibilité de contrôle de son évolution. Le risque de cécité en est le véritable enjeu.

(Communiqué)

 

RAC 0 : la pilule ne passe pas

Toujours très inquiets pour l’emploi industriel en France, les fabricants d’équipements optiques s’interrogent sur le bien fondé d’un protocole d’accord qui intervient avant l’expertise de son impact sur la santé visuelle des Français.

Afin de pouvoir annoncer publiquement les modalités de la réforme RAC 0 en début de cette semaine, les pouvoirs publics ont proposé à la hâte aux syndicats de la distribution la signature d’un protocole d’accord sans fondement.

Le GIFO demeure circonspect sur la méthode employée car ce protocole ne concerne pas que les seuls aspects tarifaires mais l’ensemble de la nomenclature qui impacte toute la filière. Pour autant, les fabricants ne sont pas appelés à se prononcer à ce stade malgré les lourdes conséquences potentielles pour leur activité. Le GIFO regrette que le ministère reste sourd aux impacts sanitaires de la réforme envisagée et propose d’ores et déjà un protocole aux syndicats sans attendre l’avis de la Haute Autorité de Santé. Ce protocole proposé avant l’expertise de la Haute Autorité de Santé, confirme que la santé visuelle des Français n’est pas abordée dans sa globalité et qu’il s’agit bien d’une réforme budgétaire.

Si des avancées ont été obtenues certains points majeurs restent extrêmement inquiétants :

– L’inadéquation des critères de renouvellement anticipé aux besoins sanitaires ;

– L’inadaptation des critères de remboursement de certains verres (notamment teintés ou prismatiques) qui ne répondent pas à des besoins spécifiques ;

– La non prise en compte des personnes les plus fragiles nécessitant des verres de très forte puissance.

Le GIFO a fait part de ces points à la Haute Autorité de Santé dans une note détaillée, et sera entendu le 26 juin prochain.

Le GIFO alerte une fois encore sur le fait que l’effort de la réforme sera porté par les fabricants. Elle mettra aussi l’opticien en difficulté face aux assurés qui, pour conserver une bonne prise en charge visuelle, devront y mettre de leur poche.

La possibilité de délivrer séparément les verres et la monture du panier RAC 0 créera la confusion dans l’esprit des assurés et nivellera vers le bas la qualité des produits comme de la prestation. – En imposant des matériaux avec des indices élevés au sein du panier RAC0, la nomenclature du panier à RAC 0 va créer un « standard » de qualité purement cosmétique. En imposant cette « norme », c’est le reste à charge de ceux qui ne choisiront pas le panier à RAC 0 qui sera mécaniquement augmenté.

– En les excluant explicitement (polycarbonate) ou implicitement (photochromiques) certains verres ne seront plus délivrés alors qu’ils répondent à des besoins spécifiques et souhaités par de nombreux assurés.

– En imposant un plafond de remboursement de 100€ sur les montures, ce sont les lunettes de fabrication et de création françaises qui seront exclues du marché, sauf à ajouter encore du reste à charge. Cette exclusion touchera tout autant les produits fabriqués en Europe.

Le GIFO continue à alerter sur les impacts de la réforme sur l’emploi Rappelant les impacts déjà provoqués par la mise en œuvre des plafonds de remboursement sur l’accès aux innovations, aux produits de qualité, à la création et fabrication françaises, les fabricants de verres et de montures soulignent les dangers de l’amplification de cette ingérence dans la relation contractuelle entre les acteurs économiques et dans la liberté de choix des patients, en particulier avec la baisse prévue du plafond de remboursement de montures à 100€. Ils alertent sur les difficultés qu’ils rencontreront pour maintenir leurs sites de production et leur savoir faire en France, s’ils ne peuvent plus avoir accès à leur marché domestique.

Le GIFO poursuit sans relâche sa sensibilisation des pouvoirs publics sur les effets indus de la promesse de campagne du Président de la République. Dans sa forme actuelle, sous couvert d’améliorer – sans justification – l’accès aux lunettes sans améliorer l’accès à une prescription, cette réforme va dégrader la santé visuelle des Français et la santé économique de toute une filière.

(Communiqué)

 

Décès de Jean-Luc Dubié, fondateur de l’AOF (association des Optométristes de France)

C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris le départ de notre ami Jean-Luc Dubié.

Passionné d’optique et d’optométrie, il fut, en 1974, le fondateur de notre syndicat (Association des Optométristes de France). C’est –entre autres- lui qui fit découvrir aux opticiens français l’Optométrie canadienne.

C’est également au travers de son magasin d’optique qu’il mit à disposition son énergie, son envie d’aider et d’apporter des solutions à ses nombreux clients qui lui ont fait confiance.

C’est avec force et passion qu’il se sera battu pour l’Optométrie tout au long de sa vie.

Erudit et fin politicien, en recherche permanente de nouvelles connaissances, c’est sous son impulsion que sera créé le Congrès d’Optométrie et de Contactologie.

Créateur et auteur de la Revue d’Optométrie (LRO), celle-ci permit de partager avec le plus grand nombre les dernières publications scientifiques. Jusqu’au bout, il aura sillonné le monde afin d’importer en France les meilleures pratiques internationales.

L’optique perd là une grande figure homme à l’engagement constant et infatigable.

A sa famille, ses proches, nous adressons nos plus sincères condoléances.

Jean-Luc Dubié

RAC : Le ROF déplore l’absence d’avancées pour garantir la santé visuelle des Français.

Au sortir de la dernière réunion de la concertation sur le reste à charge zéro (RAC 0) ce 25 mai 2018 avant la saisine de la Haute Autorité de Santé (HAS), le Rassemblement des Opticiens de France (ROF) regrette le choix de la Direction de la Sécurité Sociale (DSS) de durcir les conditions d’accès aux soins visuels pour les Français.

De nombreux points de l’avis de projet de nomenclature publié au Journal Officiel le 28 avril 2018 vont à l’encontre de la promesse de Madame la ministre des Solidarités et de la Santé d’améliorer l’accès aux soins et la prévention à travers la réforme du RAC 0. La DSS souhaite ainsi maintenir plusieurs dispositions problématiques, comme par exemple :

– Imposer la péremption de l’ordonnance quand celle-ci n’a pas été exécutée au bout d’un an, empêchant l’opticien de contrôler et adapter si besoin cette ordonnance pendant 3 ou 5 ans et de libérer du temps médical au médecin prescripteur ;

– Empêcher les Français, sans aucune étude ni évaluation préalables, d’être remboursé avant 2 ans, sauf en cas d’une perte d’acuité visuelle d’au moins 5/10ème, seuil limite qui permet la conduite une voiture par exemple. Pour la première fois en France une réforme censée améliorer la qualité de soins empêchera délibérément la prise en compte d’un défaut de santé constaté par un professionnel.

Le ROF constate l’absence de volonté de la DSS de fluidifier l’accès aux soins pour les Français, alors même que les difficultés d’accès à un ophtalmologiste sont la première cause de renoncement aux soins optiques, avec des délais de rendez-vous de 117 jours en moyenne. Le ROF regrette également les mesures dénaturant l’objectif de la réforme fixé par Madame la ministre des Solidarités et de la Santé.

Ainsi la possibilité de panacher des produits RAC 0 avec des produits à prix libre est une mesure anti-sociale : les porteurs choisissant un reste à charge sur la monture, donc en capacité de payer, bénéficieront de la solidarité nationale pour financer leurs verres. Cet effort de l’Etat devrait être fléché en priorité vers ceux qui ne peuvent pas subir le moindre reste à charge. Enfin, la baisse annoncée du montant de remboursement de la montures pour tous les équipements vendus en dehors de l’offre RAC 0 » va nécessairement majorer le reste à charge de l’ensemble des Français.

L’actuel projet de réforme aura donc comme conséquences pour les Français les plus modestes une baisse des remboursements combinée à une hausse de la cotisation mutuelle, un accès à des équipements dont la performance visuelle sera dégradée et un accès aux soins rendu encore plus difficile et préoccupant qu’il ne l’est déjà.

Dans la continuité des propos du Premier ministre tenus lors du Facebook live du 23 mai 2018, le ROF maintient sa volonté d’aboutir à un accord avec la DSS, afin qu’a partir du 1er janvier 2020, les Français puissent être mieux couverts et protégés en ayant accès à des soins et des équipements de qualité sans reste à charge.

(Communiqué)

RAC Zéro : le ROF déplore le manque d’avancées significatives

 

Alors que les discussions entre la Direction de la Sécurité sociale (DSS) et les syndicats professionnels d’opticiens se sont poursuivies ce lundi 14 mai, le Rassemblement des Opticiens de France (ROF) déplore le manque d’avancées significatives.

Le ROF a formulé des propositions constructives mais le Gouvernement refuse à ce stade de faire évoluer l’avis de projet publié le 28 avril, qui va pourtant détériorer la santé visuelle des Français.

Les alertes du ROF portent sur les points suivants :

  • les conditions de renouvellement anticipé des équipements : Le projet de texte fragilise grandement la sécurité visuelle des Français dans la mesure où une baisse d’acuité visuelle ne suffira plus à justifier un renouvellement anticipé de son équipement.
  • la dissociation de la monture et des verres : Le texte prévoit la possibilité de combiner, par exemple, des verres « reste à charge zero » et des montures avec reste à charge. Au total, les équipements présenteront donc un reste à charge, remettant en cause le sens même de la réforme.
  • le prix des paniers : Les tarifs des équipements prévus à ce stade dans le texte ne permettront pas de proposer des équipements de qualité réalisés par l’opticien.
  • l’absence de mesures pour améliorer la prévention et l’accès aux soins visuels.
  • la baisse des remboursements pour les assurés, avec les plafonds et les planchers des contrats responsables qui vont diminués.

En conclusion, le Gouvernement perd de vue les deux objectifs initiaux de la réforme : l’objectif de santé publique comme l’objectif d’amélioration du pouvoir d’achat.

Le ROF regrette que ses propositions ne soient pas entendues et appelle le gouvernement à améliorer son projet, pour proposer des lunettes de qualité pour toutes les corrections, dans tous les magasins.

(Communiqué du ROF, Rassemblement des Opticiens de France)

 

Décès de Claude Darras

 

Claude Darras vient de nous quitter.

Quatrième génération d’une famille d’opticiens-optométristes Claude DARRAS est né en 1926. Il a été diplômé en 1947 et s’est beaucoup impliqué dans le développement technique de la profession, comme son père l’avait fait avant lui. Il s’est vu confier des responsabilités pédagogiques et a participé à de nombreuses commissions nationales. Il a organisé plusieurs congrès nationaux et internationaux. Pendant 20 ans il a été Conseiller national de l’enseignement technologique. Il a créé et dirigé un cours de recyclage pour opticiens (CEO).

Il était connu pour ses conférences, sa pédagogie et ses nombreux articles mensuels dans l’Opticien-Lunetier. Ces enseignements ont été dispensés, entre autres, au Lycée Fresnel, à l’Institut d’Optique et à l’Université Paris-Sud Orsay.

Il a été membre titulaire du Conseil Supérieur des professions paramédicales au Ministère de la Santé et consultant à la Prévention Routière sur les problèmes de relation entre la vision et la conduite automobile.

Il a été Président du jury des Meilleurs Ouvriers de France de la section lunetterie et Président de la Société Française d’Optique Physiologique (SFOP).

Il est membre honoraire de l’Association Nationale pour l’Amélioration de la Vue (ASNAV).

Parmi ses nombreuses parutions on peut retenir « La Tête et ses Mesures », qui a connu sept éditions, et « Éléments et Réflexions d’Optique Physiologique ».

Vice-président du Centre Français de la Couleur (CFC) il a publié de nombreux articles scientifiques et de vulgarisation notamment au sein du Cercle de Documentation et d’Information (CDI) de sa ville.

Il a donné sa dernière conférence au CDI le 6 mars dernier.

Il n’a cessé de s’intéresser à l’optométrie et à son évolution. Il était encore présent au dernier Congrès d’Optométrie et de Contactologie le 28 Janvier.

Il était Chevalier dans l’Ordre National du Mérite et dans l’Ordre des Palmes Académiques.

La cérémonie religieuse se déroulera le 15 mai à 14h30 en l’église Saint-Louis de Garches.

C’est une personnalité des plus éminentes de l’optique contemporaine qui vient de s’éteindre. A sa famille, à ses proches, la rédaction présente ses sincères condoléances.

Claude Darras

RAC0 | Les fabricants d’équipements optiques alertent à nouveau : la réforme proposée par le ministère relève de la cosmétique et prend en otage la santé visuelle des Français (communiqué)

Le 20 avril dernier, le GIFO a participé à l’ultime rencontre avec la Direction de la Sécurité Sociale (DSS) avant publication de son avis de projet de nomenclature. Si les fabricants se félicitent de certaines avancées de bon sens, ils restent très inquiets de certains points : la santé visuelle des Français est utilisée comme variable d’ajustement pour mener une réforme strictement budgétaire.

Des « avancées » cosmétiques par rapport au projet initial

Après de nombreuses réunions et discussions argumentées, le GIFO se félicite que le ministère ait renoncé à porter à 3 ans le remboursement des lunettes par les assurances maladie obligatoire (AMO) et complémentaires, ce qui aurait impacté près de 50% des porteurs. Il sera désormais de 2 ans. Notons que cela reste un recul par rapport à la situation actuelle, car la prise en charge par l’AMO est aujourd’hui annuelle. La DSS a également convenu de séparer la nomenclature du panier RAC0 (dit « optique essentiel de classe A ») de celle du marché « libre » (dit « de classe B »).

Le GIFO regrette que le ministère reste sourd aux impacts sanitaires de la réforme envisagée

Le GIFO regrette que la promesse de campagne du Président, celle de « lunettes gratuites de qualité », se solde par une « négociation » qui néglige la santé visuelle des Français.

Le GIFO continue de regretter le caractère précipité de la démarche RAC0 telle qu’elle est menée par la DSS, sans expertise interne. Cela conduit à des incohérences et continue de porter des risques sanitaires avec, notamment :

des critères de changement de la vue particulièrement drastiques (0.5 D), ce qui revient à dire qu’il est suffisant d’avoir une acuité de 6/10ème pour « bien voir » !
l’obligation pour les enfants nécessitant une forte correction de choisir entre un équipement incassable (avec reste à charge) et un équipement sans reste à charge (mais fragile) !
l’impossibilité pour les simples presbytes d’avoir des verres progressifs, les obligeant à jongler avec leur paire de lunettes loupes !

Le GIFO continue de penser que le panier RAC0 aura également des conséquences économiques contraires aux intentions affichées, en alourdissant le reste à charge des Français :

En imposant des matériaux avec des indices élevés au sein du panier RAC0, la nomenclature du panier à RAC 0 va créer un « standard » de qualité purement cosmétique. En imposant cette « norme », c’est le reste à charge de ceux qui ne choisiront pas le panier à RAC 0 qui sera mécaniquement augmenté.
Les plus fragiles ne trouveront pas de solution optique dans le panier RAC0 du fait de la faible valorisation des verres de très forte puissance.
En excluant les verres photochromiques de toute prise en charge, les porteurs devront acheter deux équipements au lieu d’un.
En n’acceptant pas le palier de 0.25 D recommandé par le GIFO, c’est-à-dire en considérant qu’une perte de 4/10ème d’acuité ne justifie pas un renouvellement, la DSS crée les conditions d’une médecine à deux vitesses, obligeant les moins aisés à attendre 2 ans pour retrouver 10/10ème alors que les plus aisés n’attendront pas autant pour retrouver une bonne vue.

Le GIFO exprime également ses plus vives inquiétudes sur une étatisation forcée du marché dit « libre »

Rappelant les impacts de la mise en œuvre des plafonds de remboursement dans le cadre des contrats responsables et solidaires sur l’accès aux innovations, aux produits de qualité, à la création et fabrication françaises, les fabricants de verres et de montures ont alerté à nouveau sur les dangers de cette ingérence dans la relation contractuelle entre les acteurs économiques et dans la liberté de choix des patients.

Le GIFO regrette que ses avertissements ne soient pas davantage écoutés car c’est la santé visuelle des Français et la santé économique de toute une filière qui en feront les frais.

Une réforme au forceps

Les points d’accord :

  • Le passage de 3 à 2 ans pour la fréquence de prise en charge pour les adultes.
  • Le passage de 3 à 1 an pour les enfants de moins de 16 ans.
  • La confirmation de l’existence d’un marché avec une véritable liberté de choix des produits pour les porteurs et les professionnels de santé (plus d’indices imposés selon les corrections).

Les points de blocage :

  • L’impossibilité de renouveler un équipement avant une baisse d’acuité visuelle de 5 dixièmes.
  • Les tarifs des offres RAC 0, unifocaux et progressifs, qui sont insuffisants au regard de la qualité exigée.
  • L’absence de prise en charge des prestations de l’opticien, comme l’examen de vue.
  • Un RAC 0 faible : 70-170 euros avec antireflets, 50-150 sans : peu cohérent avec la promesse électorale d’un panier 100% remboursé de qualité. Le niveau être porté à 90-190 euros.

« La question du prix a été avancé trop tôt dans la négociation ; elle devait servir de variable d’ajustement au dernier moment, lorsque les deux autres curseurs que sont le délai de renouvellement et la baisse importante du plafond des contrats auraient été négociés », regrette Alain Gerbel (FNOF).