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Accès des Français à l’optique

1 usager sur 3 juge que l’accès aux soins optiques est difficile, et 87% des Français estiment que la situation va en se détériorant (source : Académie Française d’Ophtalmologie). Pour 83%, les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous chez l’ophtalmologiste sont trop longs. On compte aujourd’hui 8,8 ophtalmologistes pour 10 000 habitants, en baisse constante, avec une très forte disparité Nord-Sud (DRESS, Ministère de la Santé).

D’après le Baromètre de la Santé Visuelle de l’ASNAV, le nombre de Français n’ayant pas renouvelé leur équipement pour des raisons de coûts a légèrement diminué : cela concerne 25% de la population. En revanche dans la population des 16/24 ans ce taux se monte à 35%. Et l’on ne peut incriminer seulement l’insouciance : le niveau de revenu disponible, on le sait, est une cause essentielle de la dégradation actuelle de la santé des jeunes.

Un quart de la population qui renonce à l’optique faute de moyen : un chiffre dont personne ne peut se satisfaire. Alors, inaccessible, l’optique ? Non ! Des forfaits unifocaux dès 39 euros, des forfaits progressifs à 89 euros sont proposés chez Optic2000 depuis de nombreuses années. Des prix en chute constante (chez Optic 2000, au lancement des Prix Tout Compris en 1994, le forfait unifocaux était de 61 euros, le forfait progressif à 297 euros), ou dont l’augmentation est constamment inférieure, depuis 2000, à l’ensemble des prix à la consommation. Et des acteurs professionnels qui restent fortement mobilisés autour de la CMU.

A l’image de ce que les acteurs de l’audition sont en train de réaliser, certains fabricants de l’optique réfléchissent, de concert avec les Pouvoirs publics, à une offre optique de base. Un circuit qui ne passerait pas forcément par les OCAM et ne risquerait donc pas de renchérir le coût des cotisations.


Accidentologie

6% de Français, soit 3, 5 millions de personnes, ont connu un accident lié à un problème de vue. Pourtant 29% pensent que les lunettes ne sont pas indispensables pour se déplacer chez soi, 24% pour cuisiner, 23% pour effectuer des travaux ménagers, 16% pour prendre ses médicaments… Alors que les accidents de la vie courante sont responsables chaque année d’environ 20 000 décès, le niveau de conscience de nos concitoyens paraît encore dramatiquement faible.

(Source : Baromètre Asnav 2013)


Age des Opticiens

Les gérants d’optique ont un peu moins de 44 ans. Pour moins d’un commerce d’optique sur dix, le gérant n’a pas 30 ans. Il occupe généralement cette fonction dans une entreprise jeune et plutôt sans salarié. L'âge moyen de la profession est de 28 ans. Une révolution sociologique est en cours : moins d'opticiens "dynastiques", plus de diversité dans le recrutement.   La moitié des magasins ont à leur tête un homme ou une femme âgés entre 30 et 44 ans. Les gérants âgés de plus de 45 ans représentent 36% des commerces. Ils se concentrent logiquement dans des structures plus anciennes (plus de 10 ans).


Allemagne
L’Allemagne est aujourd’hui citée en exemple pour son dynamisme industriel. Bon élève de l’Europe (mais avec 25% de sa population vivant en dessous du seuil de pauvreté), l’Allemagne présente pourtant un marché optique qui ne connaît pratiquement pas de croissance depuis les années 90.

Explication : ce n’est qu’en 2012 que l’Allemagne a retrouvé son niveau de 2003, année qui précéda le déremboursement de l’optique. Ce déremboursement a entraîné de profonds changements chez le consommateur : allongement du taux de renouvellement (il est désormais de 4 ans, contre 3 en 2003), explosion des ventes de lunettes pré-montées hors du circuit opticien (en moins de 10 ans on est passé de 3 à… 17 millions de paires de « ready made » vendues !). Le déremboursement a également favorisé la politique des prix très agressifs sur lesquels seuls les gros intervenants peuvent se battre. Preuve que la dérégulation d’un secteur n’aboutit en général qu’à l’instauration de monopoles de fait, et n’est absolument pas favorable à la libre concurrence.

En fait c’est tout une suite de décisions législatives qui a durablement déstructuré le marché. En 1989 la diminution du remboursement de 20 euros fait plonger une première fois le marché de 21%. En 1997 le déremboursement des montures entraîne une chute supplémentaire de 14%. Enfin, le coup de grâce est porté en 2004 avec le déremboursement des verres : cette fois, c’est 30% de perte sèche pour le marché.

Aujourd’hui le parc de 12 000 magasins (7000 sociétés, 9000 opticiens indépendants) est dominé par deux chaînes nationales : Fielmann et Apollo (détenu par Hal Trust), et une vingtaine de chaînes régionales possédant de vingt à quatre-vingts dix points de vente.

Dans les dix dernières années Fielmann est passé de 28 à 35% de parts de marché, tandis que les indépendants passaient de 59 à 42%. Son positionnement n’est pas le prix le plus bas, mais le meilleur rapport qualité/prix. Les ventes sur Internet n’excèdent pas 1% du marché. A noter la percée d’un nouveau concept suédois (plus de 100 franchisés en moins de dix mois) : l’enseigne Smart Eyes est positionnée autour d’une politique de prix unique et d’une offre simplifiée à l’extrême : produit d’entrée à 99 euros, produit premium à 199 euros.

Quant à l’avenir économique de l’Allemagne, il s’assombrit. Championne de l’exportation, elle est trop dépendante d’une Europe affaiblie. Voulant se repositionner sur les marchés extra-européens, elle se heurte à la montée en gamme de la Chine, à la guerre des changes d’un Japon qui, après une dévaluation de 22% du Yen, redevient extrêmement compétitif, et du grand retour des Etats-Unis (qui bénéficient d’une politique de change flexible, d’un bas coût du travail, d’une énergie 60% moins chère qu’en Allemagne grâce au gaz de schiste et de à l’exploitation de nouveaux champs pétrolifères). Sur le plan intérieur, la modération salariale allemande n’a été rendue possible que par le bas coût des loyers ; or celui-ci est en train de flamber et le salariat commence à manifester son mécontentement… Si un modèle allemand existe bien, il n’a jamais semblé aussi précaire qu’aujourd’hui.

Pour preuve : le retour vers un système de remboursement par les mutuelles.


Amétropies et défauts visuels des Français

-         Problèmes de vision de près : 51%

-         Problèmes de vision de loin : 39%

-          Fatigue visuelle : 29%

-         Myopie : 29%

-         Astigmatisme : 22%

-         Presbytie : 21%

 

(source : Baromètre ASNAV 2014).


ASNAV (Baromètre annuel)
La crise semble atténuer la préoccupation des Français en matière de santé en général, et de santé visuelle en particulier. Si ce n’est pas encore un renoncement aux soins, la vigilance se relâche. Même si la vue reste la première préoccupation (sauf pour les enfants où les problèmes dentaires dominent). « Un retour de dix ans en arrière », s’inquiète Bertrand Roy, Président de l’ASNAV.

    1 - Fréquence du contrôle visuel : moins de 2 ans

  • Moins de 2 ans…………………….. 72% des Français
  • Moins de 6 mois………………….. 28%
  • Plus de 2 ans………………………… 26% (une catégorie en forte hausse, après être descendu à 16% en 2010).

    2 - Motif du contrôle visuel : principalement un acte volontaire

  • Simple visite de contrôle volontaire : 60%
  • Impression de moins bien voir : 30%
  • Rendez-vous fixé au dernier contrôle : 18%
  • Fatigue visuelle : 17%
  • En accompagnant un autre membre de la famille : 7%
  • Sur les recommandations du médecin : 6%
  • Sur les recommandations de l’opticien : 4%
  • Suite à une campagne de communication : 2%
  • Sur les recommandations du pharmacien : 1%

    3. Le renouvellement : majoritairement dans les 3 ans

  • Tous les ans : 16%
  • Tous les 2 ans : 36%
  • Tous les 3 ans : 21% Dans 73% des cas le renouvellement se situe dans un intervalle de 3 ans maximum.

    4. La prescription concerne principalement un équipement en lunettes :

  • Lentilles de contact : 4% des prescriptions (mais 8% chez les 16-24 ans) ;
  • Lunettes : 60%
  • Pas de prescription : 39%

    5. Internet : encore peu significatif pour les lunettes

  • Achat lentilles : 89% chez l’opticien, 9% sur Internet ;
  • Achat lunettes : 97% chez l’opticien, 2% sur Internet.
  • Renseignement sur Internet avant l’achat : 2% (à peine 3% chez les 16-24).
    La théorie de la quête d’informations pré-achat sur Internet n’est pas vérifiée.

    6. Sollicitation de la vue : les Français sont particulièrement sensibilisés

    Un tiers des jeunes de 16-24 ans considèrent qu’ils sollicitent trop leur vision, sans pour autant changer leurs comportements.
    A la question « Apportez-vous plus de soins et d’attention à votre vue que par le passé », 59% des Français répondent par l’affirmative.

    7. Les situations de port de l’équipement :

  • 26% les tâches ménagères à la maison (=) ;
  • 24% la TV (en baisse) ;
  • 23% l’ordinateur de loisir (en hausse) ;
  • 21% la conduite (en baisse) ; l’ordinateur professionnel (en hausse) ; la lecture (en hausse)
  • 19% l’école.

    8. Les raisons de non port de l’équipement :

  • 67% : sentiment de ne pas en avoir besoin ;
  • 29% par oubli ou négligence ;
  • 9% par inconfort ;
  • 3% par crainte de l’esthétique ;
  • 2% parce que ça fait trop sérieux.

    9. La vision sur écran au quotidien :

Temps passé par les FrançaisTemps passé par les 16-24
TV 5 heures 177 heures 54
Ordinateur 2 heures 83 heures 7
Lecture/Etude de doc 1 heure 18 1 heure 33
Téléphone mobile 40 mn 2 heures
Tablette 17 mn 47 mn

    10. Troubles ressentis en situation de vision sur écran :

Tous les Français ensemble Les 16-24 ans
62% jamais 52% jamais
38% oui 48% oui

Les mutations comportementales liées aux nouvelles technologies semblent bien de nature à rendre plus sensible aux troubles visuels. Ceci étant particulièrement vrai chez les jeunes.
Nature des principaux troubles de la vue devant écran :
Nature du trouble Tous les Français Les 16-24 ans
Fatigue oculaire 37% 34%
Picotement 31% 30%
Flou, baisse d’acuité au loin… 30% 30%
Migraine 20% 29%<

    11. En situation de conduite sur la route :

    Sur la route, la vue est le 4e motif d’inquiétude et de vigilance (74%) derrière la drogue (89%), l’alcool (87%) et la fatigue (76%).
    Lorsqu’ils conduisent, 61% des porteurs mettent toujours leurs lunettes, 10% parfois et 29% jamais…

    12. Solaire : le rôle de l’opticien est reconnu

  • 71% des Français possèdent une paire de lunettes solaires, mais seulement 69% des enfants ;
  • Le première critère de choix d’une solaire chez l’adulte est la protection solaire (à 58%), devant l’esthétique (34%). C’est l’inverse chez les jeunes : esthétique 54%, la protection 45%.
  • En très forte hausse, le critère de choix sur les conseils de l’opticien : 29%. Mais 17% seulement chez les jeunes, ce qui est normal si l’on considère que le look est leur premier critère.
    Il leur semble donc possible de se passer des conseils de l’opticien. A vous de jouer pour les convaincre du contraire !

    13. Impact de l’encadrement par les mutuelles sur les comportements d’achat :

L’encadrement par les mutuelles ne datant que d’avril dernier, il est sans doute trop tôt pour en mesurer réellement les effets.
En pur déclaratif de personnes encore peu concernées concrètement et peu informées, trois résultats utiles cependant :
  • Ces nouvelles dispositions inciteront à conserver la même monture et à ne changer que les verres : 47% ;
  • Elles inciteront le consommateur à opter pour des lunettes moins chères : 33% ;
  • Elles inciteront le consommateur à ne pas changer son équipement même si sa vue évolue : 16%.

Assurance complémentaire

Les fameuses OCAM sont devenues en quelques années de sérieux apporteurs d’affaires en même temps que les bêtes noires de l’opticien. La CDO a rendu public un sondage en début d’année qui indique clairement qu’il s’agit là de la préoccupation N°1 des opticiens – pour 85% d’entre eux.  Les OCAM se sont placées à la fois comme pourvoyeur de clientèle et comme organe de contrôle des prix, voire de la qualité. Mais leur influence ne s’arrête pas là. En rendant mouvant le fichier client (l’appartenance de l’opticien dans le réseau de l’assureur n’est jamais assurée, et remise en question à chaque appel d’offres), l’assureur déstabilise la valeur d’une affaire d’optique ; ce qui fait naturellement baisser les prix des fonds de commerce au moment de la revente. Et ce n’est pas tout. En effet d’ici les toutes prochaines années les assureurs vont de plus en plus jouer un rôle d’acheteurs direct auprès des fournisseurs ; prélude à quelques rachats tonitruant, comme aux Etats-Unis où Marchon est devenu propriété d’un assureur. Déjà plus maître de ses prix, l’opticien ne sera plus maître de son offre produit. Avec les échanges de données, certains observateurs redoutent même que les OCAM ne se rendent maîtresse du fichier-client de l’opticien. Via Internet, elles seraient alors à même de piloter l’ensemble de la chaîne, captant à leur profit l’essentiel de la valeur, en une rente définitive que nul ne pourra plus leur contester.

Les OCAM ont pris l’ascendant sur l’optique en se rendant à la fois désirables et redoutées. L’arme fatale : la refonte totale et régulière de leur réseau, qui place tout le secteur en insécurité permanente, et donc sous sa dépendance. C’est vrai pour les opticiens, c’est vrai aussi pour les fabricants, soumis à une sélection de plus en plus sévère. C’est ainsi que Santéclair (plateforme de MAAF et d’Allianz) vient de limiter sa prise en charge à trois verriers, introduisant ainsi un biais dans le jeu de la concurrence. Une décision lourde de conséquences. Des centaines d’emplois dans l’industrie optique seraient directement menacés. « Accepter ce principe c’est freiner toute idée entrepreneuriale, estime Roger Düning (PDG du verrier Novacel, non retenu). Ce choix de Santéclair nous force d’ores et déjà à envisager de changer nos modes de production et de fonctionnement, car de nombreux partenaires opticiens Novacel n’auront pas d’autre choix que de changer de fournisseur pour tout ou partie de leurs achats ». Roger Düning a d’ailleurs attiré l’attention de Marisol Touraine et d’Arnaud Montebourg par voie de lettre ouverte en date du 21 juillet dernier.

Après le principe de sélection des opticiens qui déstructure la valeur des fonds de commerce, la sélection draconienne des fournisseurs est une nouvelle atteinte à l’exercice plein et entier du métier, et à la santé générale de toute la filière française.  


Assurance maladie
Plus des 2/3 des Français estiment que leur pays offre un accès facile aux soins. Avec cependant une disparité de 20 points selon les revenus et de 10 selon la taille des agglomérations ; ce qui signifie très clairement que revenus et situation géographique sont devenus des déterminants très significatifs pour la qualité des soins – contrairement à l’objectif de santé pour tous. Un sentiment massif de détérioration est à l’œuvre. Les dépenses de santé sont largement perçues comme étant en augmentation. Déjà, près d’un Français sur deux a renoncé à des soins au cours des douze derniers mois.

78% des personnes interrogées se disent favorables au partage de données informatiques sur la santé. La moitié des Français est satisfaite du niveau de remboursement de l’Assurance maladie, mais les 2/3 estiment que le fonctionnement et la qualité de service se sont dégradés. Seul ¼ se dit prêt à quitter le régime de base pour évoluer vers un système 100% privé : le régime de base reste sacré. Enfin les Français souhaitent voir tous les acteurs s’engager de façon coordonnée dans le domaine de la prévention.

ASSURANCE SANTE
Du point de vue des OCAM l’opticien n’apporte pas grand-chose. D’ailleurs a-t-on encore besoin de lui, à travers les web-shop ? Quant aux verres, ce sont tous les mêmes. Ce n’est donc que le moins-disant qui sera sélectionné. La limitation du choix à quelques acteurs choisis (sur le critère de la notoriété principalement et l’effet « marque ») est en passe de réorienter et de structurer le marché. Les OCAM, de fait, remodèlent à leur profit les contours du marché. Et verraient bien l’opticien en simple OS du commerce optique, délégué à la gestion du tiers payant (qui lui prend déjà 1/5e de son temps). Grâce à un lobbying politique favorable, le monde de l’assurance a déporté sur les professions de santé le soupçon d’opacité ; opacité qui se retrouve pourtant plutôt du côté des contrats incompréhensibles et des garanties « quinze astérisques ». L’assurance, avec les sur-complémentaires, a déjà rompu avec l’idée de mutualisation des risques pour diminuer les coûts. Sa seule stratégie, c’est la pure et simple recherche de rente pour leurs actionnaires.

Et pourtant c’est une belle histoire, celle des assurances santé ! Les sociétés de secours mutuel sont nées à la fin du 19e siècle pour éviter aux ouvriers de tomber dans la pauvreté en cas de maladie ou de grossesse. Avec l’apparition de la Sécurité sociale en 1947 cependant, le rôle de la mutualité a été marginalisé. Mais dès 1975, la Sécu connaît ses premiers déficits. Elle commence alors à se désengager du remboursement. Flairant l’aubaine, les poids lourds de l’assurance privée (automobile, maison,…) vont alors faire leur entrée dans le domaine de la santé. La Santé tombe alors aux mains de la finance.

Pour encadrer les prix les mutuelles santé ont eu recours aux réseaux de professionnels : des prix négociés sur des produits déterminés à l’avance, disponibles uniquement auprès de certains fabricants et de certains opticiens. Un tel système était censé apporter plus de clarté. Au lieu de ça, l’opacité est partout : opacité dans les critères de choix des opticiens désireux d’adhérer aux réseaux ; opacité dans le choix des produits retenus par la complémentaire ; opacité dans les tarifs imposés, avec des prix dont les modes de calculs et les évolutions permanentes restent aussi obscurs pour le public que pour l’opticien lui-même ; opacités dans les informations inscrites sur les cartes de tiers-payant de l’assuré, le plus souvent incompréhensibles ; opacité encore dans les délégations qui entraînent la gestion de tout ou partie du contrat par un autre organisme que celui auquel l’assuré a souscrit… ; opacité enfin quant aux exorbitants frais de gestion des complémentaires.

Il a été plus facile aux compagnies d’assurance d’accuser les professionnels de santé d’opacité que de rendre lisibles leurs propres contrats : et alors que les métiers médicaux et paramédicaux reposent sur un lien de confiance avec le patient, cette accusation ont transféré sur eux le doute. Chacun en a pris pour son grade : les médecins, les dentistes, les opticiens… mais pas les assureurs, les seuls pourtant à poursuivre leur stratégie de hausse continue des prix. Et quelle hausse ! + 91% en dix ans, quand le prix des produits optiques, lui, a à peine suivi l’inflation : + 11% ! Sur la même période, la croissance de chiffre d’affaires de la complémentaire santé a été de 85%, soit la plus forte de tout le secteur de l’assurance ! (Pour comparaison, l’assurance automobile n’a progressé « que » de 24%).

Au fond les mutuelles se comportent vis-à-vis de l’optique comme un organisme de crédit qui serait un peu trop gourmand. Contrairement au risque et à l’aléa de la maladie, les soins courants dont fait partie la correction visuelle sont prévisibles, la dépense connue d’avance et le financement peut être échelonné. Sur la base d’une cotisation de 100 euros, la part servant réellement au remboursement des frais de soins n’est en moyenne que de 65. Où passent donc les 35% restants ? Chez l’assureur. Ils sont absorbés par le coût de distribution des contrats (entre 15% et 20%), les frais de gestion administrative (entre 5 et 10%), les frais de gestion des prestations de soins (entre 4 et 8%). On peut alors se demander si le porteur ne devrait pas purement et simplement renoncer aux garanties optiques de sa mutuelle pour se tourner vers un moyen de financement personnel mieux adapté… et surtout moins onéreux !

70 % des Français se disent satisfaits de leur complémentaire santé. La hausse annoncée des tarifs n'a que peu de conséquence sur une éventuelle résiliation (1 %) ou sur l'abandon de certaines garanties comme le dentaire ou l'optique (4 %). La majorité (78 %) estime en effet ne pas avoir le choix. Mais cette apparente résignation a un revers : un Français sur trois se dit prêt à se passer de complémentaire santé.


Assureurs
L’optique est le produit d’appel d’un monde assurantiel qui sort de plus en plus de son métier d’origine, la gestion du risque, pour venir transformer l’optique en champ de manœuvre de ses concurrences internes. Le vrai fantasme de certains assureurs, c’est la disparition pure et simple de l’opticien : c’est encore la meilleure façon de capter intégralement sa marge supposée mirifique ! Déjà aux Etats-Unis certains acteurs de l’assurance sont devenus des distributeurs directs de l’optique. Avec parfois la complicité intéressée de fabricants de premier plan.

Penser autrement. Partir de la dépense et non du prix. L’assureur se fait banquier, l’assuré dispose d’un pécule renouvelé tous les deux ans qui se cumule en cas de non dépense. Il n’est alors plus question d’encadrer les prix, ce qui est attentatoire à la liberté du commerce et fausse les stratégies marketing, mais de proposer une somme forfaitaire à dépenser dans le cadre d’un panier optique connu d’avance. Effet secondaire, mais appréciable : cette solution permet d’éviter la tentation de la fausse facture.


Atouts
L’opticien est un professionnel de proximité directement accessible. Seul à être au contact du public aussi facilement, il s’adresse à un client « patient » particulièrement impliqué. C’est là un atout maître qui impose aussi des responsabilités : être à la hauteur des enjeux qui sont ceux du client-patient.

La relation avec le client est une relation approfondie et intime (santé, besoin, mode de vie, contrôle de l’ordonnance). Ne galvaudez ni l’anamnèse ni le conseil et la démonstration sur les différentes qualités de verres et traitements.

C’est une relation de long terme qui vous offre la possibilité d’une fidélisation de grande qualité. Encore faut-il organiser les étapes successives de cette fidélisation, et nourrir la relation client.

Vous devez être actif sur le net (site « drive to store »), ainsi que sur les réseaux sociaux. Bien implanté localement, vous pouvez développer des expertises vis-à-vis des associations, clubs, institutions, etc.

Procédez par petites expérimentations audacieuses que vous pouvez systématiser en cas de réussite.

Ne pensez pas « business », pensez sur votre « business ». Ne vous laissez pas conduire par la routine.

Définissez un positionnement clair et clairement différent avec une seule question en tête : « Pourquoi le public pousserait-il ma porte plutôt que celle du concurrent ? » Et faites votre métier tel que vous le concevez. Sans compromis ni concession.

Ne boudez pas les relais de croissance (lentilles techniques qu’Internet ne peut pas fournir) ni les ventes additionnelles créatrices de trafic (piles pour audio). Il ne s’agit pas toujours de « marger » mais de fidéliser, d’offrir des services différenciants.


Audio
8% des opticiens ont adjoint une activité audio à leur métier d’opticien, dans un parc global de 3 530 centres audio. Le chiffre d’affaires annuel d’un centre audio moyen est de 118 000 euros TTC. 73% des opticiens se disent confiants dans les perspectives de développement de leur département audio (ils ne sont que 44% à être confiants sur l’optique - source GfK 2013).

L’atout de l’opticien, c’est de connaître le patient, qu’il équipe déjà en progressifs (et éventuellement en basse-vision). De plus les produits mixtes mêlant optique et audio (aide auditive dans la branche de lunette) sont de plus en plus efficaces et discrets, offrant une véritable solution de dédramatisation de la mal-audition. L’expérience de l’opticien vis-à-vis d’une population âgée, à la fois exigeante et fragile psychologiquement, est un avantage considérable. De plus les principales enseignes et groupements optiques arrivent sur ce marché de l’audition plutôt traditionnaliste forts de leur extraordinaire expertise en matière de marketing, de communication et de maîtrise des coûts. Ils ont transformé l’optique en profondeur, nul doute qu’ils ne révolutionnent totalement l’audition à brève échéance. Seule limite, mais de taille : le numerus clausus qui freine l’arrivée de nouveaux diplômés, pourtant nécessaires au développement, et enchérit considérablement les coûts salariaux.


Audio (2)
Un Français sur dix souffre de problèmes auditifs, soit près de 6 millions d’individus. Pourtant seuls 15 à 20% de cette population disposent d’un appareillage. Les freins sont connus : ils sont avant tout d’ordre psychologique et financier. S’avouer « dur de la feuille », c’est commencer à vieillir pour de bon. D’autant que l’équipement n’a rien du caractère « mode » et « style » que peuvent avoir les lunettes. Et bien sûr il y a le prix : le coût moyen d’une aide auditive est de 1 535 euros.

Le marché de l’audiologie se structure. Son potentiel est considérable, eu égard à l’augmentation des populations concernées. 18,4% des Français sont âgés de 65 ans et plus, en augmentation annuelle de près de 3%. 80% d’entre eux présentent une gêne auditive, pour un taux d’équipement qui ne dépasse pas pour l’instant les 25%. L’audiologie représentait en 2014 un marché de 800 millions d’euros, pour près de 600 000 aides auditives vendues par an (en croissance de +7% par rapport à 2013).

La concurrence se durcit. La France dénombre 4 486 centres, soit une augmentation du parc de 14%. Les audioprothésistes sont environ 3000, soit une augmentation de 5,5% par rapport à l’année d’avant ; mais la pénurie demeure un frein au développement naturel du marché. La prise en charge de chaque patient nécessite environ 10 heures 30. Enfin le remboursement des équipements est l’un des plus faibles d’Europe.

Montant moyen des remboursements des aides auditives (pour un prix moyen de 1 500 euros) :

- Sécurité sociale : 119 euros (8%)

- Mutuelle : 300 euros (20%)

- Reste à charge : 1081 euros (72%)


Audition

L’optique confrontée à une probable baisse des prix, l’audition fait figure de marché de compensation. Avec un potentiel de 6 millions d’individus et un taux d’appareillage à moins de 20%, l’audio représente un marché de plus d’1 milliard d’euros, pour un potentiel estimé à 4 milliards. Croissance annuelle : 4% ! Souvent vu comme l’optique de la belle époque, l’audio est cependant un marché différent, où le poids de la psychologie et du handicap pèse très lourd (la mal-audition diminue l’espérance de vie de 7 ans). Si les enseignes d’optique et les centrales, fortes de leur savoir-faire, ont déjà fortement impacté ce marché, il n’en demeure pas moins que celui-ci reste limité par la raréfaction des audioprothésistes : 2 700 pour toute la France. 40% des centres audio actuels vendent moins d’une centaine d’appareils par an. Il n’y aura donc pas de la place pour tout le monde.  A moins que le numerus clausus ne vienne à tomber, ce qui n’est pas à exclure. Les professions réglementées étant la nouvelle cible non seulement du gouvernement, mais aussi des nouveaux traités internationaux de libre-échange actuellement dans les tuyaux.


Avenir
D’ici 2025, le nombre de nouveaux porteurs de corrections optiques ne devrait augmenter que de 12%. Encore faut-il souligner que cela ne concernera que les plus de 60 ans, qui ont besoin d’un suivi ophtalmologique régulier. La population de plus de 60 ans pèsera pour près de la moitié des porteurs de lunettes mais cette population sera également suivie pour des pathologies de l’œil comme le glaucome, la DMLA, la rétinopathie diabétique ou la cataracte, voir un syndrome sec oculaire. En outre la réforme des retraites va peser lourdement sur le pouvoir d’achat de cette population senior que l’on présentait, il y a peu, comme un véritable eldorado, et qui, si l’on continue comme ça, va constituer l’un des principaux gisements de nouvelles formes de pauvreté.

C’est pourquoi, d’après l’Académie Française d’Ophtalmologie, le transfert de renouvellement chez les opticiens ne peut avoir que des effets limités sur le plan des files d’attentes ophtalmo. « Les prescriptions optiques se feront souvent lors de ces suivis et prises en charge sans nette surcharge de travail par rapport à aujourd’hui, estime-t-on côté Snof (Syndicat national des Ophtalmologistes de France). Les besoins en consultations à visée uniquement réfractive vont diminuer probablement, sauf si une épidémie de myopie apparaît, en raison d’une légère contraction de la population des moins de 60 ans. Ces consultations réfractives ne devraient guère représenter plus de 10% de l’activité ophtalmologique globale. Il apparaît ainsi qu’à l’avenir, le problème essentiel est bien celui de l’accès aux soins et à la prévention et non l’accès aux prescriptions optiques, qui se fera souvent à la faveur d’un examen ayant une autre justification ».

Raison de plus pour approfondir les marchés existants et pour que l’opticien s’intéresse à des marchés connexes ou nouveaux, hautement technologiques, comme la basse-vision ou l’entertainment (Google Glass).

(Source primaire : Académie Française d’Ophtalmologie)


Avenir (2)
Le marché de l’optique est parvenu à maturité. D’après Alain Ballot, consultant en intelligence économique chez GDF-Suez qui intervenait récemment dans le cadre de l’Institut ESSOR, l’évolution du métier a suivi cinq grands stades d’évolution : un marché technique et blouse blanche (années 60-70) ; puis un tournant commercial et marketing (à partir des années 70) ; une guerre des prix « où l’excellence s’est exprimée dans la dévalorisation de l’offre » (80-90); une montée de la contestation éthique et déontologique (90-2000) ; enfin une « montée organisée des doutes » sur le marché et ses acteurs depuis dix ans.

D’après Alain Ballot.
Pour Alain Ballot, le marché de l’optique est mûr pour de nouvelles propositions. L’idée générale, c’est d’apporter des solutions plus que des produits. « La globalisation provoque un déséquilibre entre des acteurs de l’amont qui opèrent sur le marché mondial, créant des monopoles de fait, et développant des stratégies d’appropriation des marges au détriment de l’aval, à savoir la distribution locale ».

D’autant qu’ils sont favorisés par la contestation actuelle à l’égard des opticiens. La mise en cause des pratiques (surfacturations, fausses factures, marges déraisonnables…) sur un secteur dont l’activité est loin d’être optimisée (productivité moyenne : 2,8 ventes par jour) pousse les Pouvoirs publics et les agents économiques pesant sur la filière à réduire les avantages réglementaires. Mal anticipé, mal appréhendé, ce revirement historique a provoqué un rapide vieillissement du discours (40% des Français jugent le discours santé de l’opticien peu clair) qui n’est pas sans conséquence sur la crédibilité du secteur. « Nous sommes passés en peu de temps à la mise en cause des pratiques de quelques-uns à la remise en cause du secteur dans son ensemble », estime Alain Ballot. Celui-ci préconise aux opticiens : « La charge de la preuve vous revient. Il faut reprendre la parole. Ce que les autres disent à votre place participe à la construction de votre image et à la structuration de votre marché ; et ils ne le font que dans leurs propres intérêts, jamais dans le vôtre ».

Le public, les Pouvoirs publics ainsi que les agents économiques extérieurs (assurances santé par exemple) attendent un renouveau qui tarde à venir. « Chaque rupture ouvre un potentiel. Il faut savoir réinventer son modèle économique ». Le cœur des modèles nouveaux sera vraisemblablement la fidélisation de long terme, avec des systèmes de financement adaptés à chacun et une relation client entretenue par un contenu enrichi et stimulant, tout au long de la vie du consommateur. Il s’agira alors de donner accès à des solutions globales de type « Profiter de sa vue pour profiter de la vie », avec des services et des produits associés.


Basse-Vision

C’est le département qui fait le plus honneur à la profession. D’ailleurs les opticiens qui s’y adonnent sont généralement des passionnés. Ils figurent souvent, comme c’est le cas encore cette année, au palmarès des Opticiens de l’Année. La pratique de la basse-vision relève véritablement d’un engagement professionnel autant que personnel. Nécessitant formation approfondie, matériels et espace dédié, cette activité n’est pas seulement un très fort identifiant. C’est aussi un département qui peut générer un chiffre d’affaires important, ce qui est le cas chez certains gros succursalistes (formation, mutualisation). Elle demande aussi une très forte ouverture d’esprit, tant au niveau de la prise en charge psychologique des sujets que par le travail pluridisciplinaire qu’elle présuppose. En effet l’opticien devient un maillon dans une chaîne de spécialités. La basse-vision, c’est ce supplément d’âme qui permet à l’activité de l’opticien de prendre toute sa dimension. C’est aussi un laboratoire précieux qui permet de replacer l’expertise de l’opticien au cœur de la cité, et de développer son image de professionnel auprès du public. L’opticien peut ainsi revenir au plus près de sa mission : permettre au public de retrouver la pleine clarté du monde. Attention : avec l’arrivée des lunettes intelligentes, une nouvelle catégorie de produits (légers comparés aux appareillages classiques) va venir dynamiser ce segment de marché. Il s’agit de se tenir prêt.


Bilan

Le secteur de l’optique présente de solides bilans financiers. Alors que les entreprises françaises ont des manques criants en termes de fonds propres, les capitaux propres de l’opticien ont grimpé sur trois ans de plus de 10%, représentant désormais plus de 40% du total bilan. L’opticien a donc de quoi assurer ses investissements et sa croissance, tandis que s’allège le poids des frais financiers (1,9%).


Cataracte

Efficace à 98%, l’opération de la cataracte est de loin l’opération la plus courante, toutes disciplines confondues, avec 600 000 interventions par an. 50% de la population âgée de plus de 60 ans présente des opacités cristalliniennes. Cette opération est devenue parfaitement réfractive : elle permet de s’affranchir complètement du port de lunettes. 


Cellules souches

De par leur aptitude à s’auto-renouveler rapidement, les cellules souches offrent l’espoir de vaincre les pathologies neurodégénératives de la rétine (rétinite pigmentaire, DMLA). Afin de remplacer les cellules lésées, les recherches actuelles se concentrent sur la manipulation de cellules souches et se dirigent dans deux directions : la greffe et la régénération. Avec la reprogrammation des cellules de peau en cellules souches ou la formation de rétines in vitro, des essais de transplantation de cellules de rétine générées in vitro à partir des cellules souches reprogrammées vont bientôt avoir lieu.  Cependant cette méthode se heurte à son coût et à sa complexité. La régénération offre une  alternative. Des agents pharmacologiques vont être mis au point pour stimuler les cellules souches de la rétine qui existent, mais au repos, afin de les conduire à réparer les rétines endommagées.

(Source : Muriel Perron, directrice de recherche au CNRS, directrice scientifique de Retina France)


Cession

En 2013, 360 points de vente ont changé de mains. Le montant moyen des transactions de reprise tend à la baisse, après avoir culminé en 2010 à 294 047 euros. Pour autant le prix moyen de cession reste supérieur au reste du commerce français (191 000 euros), pour s’établir aujourd’hui à 257 313 euros (Source : Altarès 2014).

55% des fonds vendus en 2013 avaient plus de 10 ans. La plupart d’entre eux employaient des salariés. Les gérants-vendeurs étaient majoritairement âgés de plus de 45 ans, tandis que 80% des repreneurs étaient âgés de moins de 45 ans.


Chaîne de valeur

La chaîne de valeur en optique est en train de se recomposer selon deux logiques principales : l’effacement progressif des intermédiaires et l’arrivée de nouveaux acteurs (Assureurs, Internet, acteurs de l’entertainment comme Google).

Internet tend à supprimer l’opticien entre le fabricant et le consommateur ; mais l’impact reste faible. Plus déstabilisant :   aux Etats-Unis, les fabricants de nouvelles technologies (Google Glass) s’annoncent comme  des acteurs de poids, dont les produits sont directement mis en place en exclusivité dans les magasins partenaires par les réseaux d’assurance. Plus généralement l’assureur va tendre à se substituer d’abord au fabricant (rachat de marques fortes comme Marchon, 3e fabricant mondial), puis à la centrale d’achat ; allant jusqu’au placement des produits référencés dans le point de vente. Considérant que ce qui arrive aux Etats-Unis arrive en France dans un délai de plus en plus bref, il est évident que des changements de fond se profilent d’ici les tout prochains mois.


Champ de compétence

82% des opticiens sont favorables à un élargissement de leur champ de  compétences. Pour la majorité d’entre eux (54%), cet élargissement est conditionné à une formation complémentaire. 61%  sont pour une pratique de l’examen de vue, avec obligation de retour d’information auprès de l’ophtalmologiste. La délégation de compétence ne peut se faire que par l’évolution de la formation de base, mais aussi par la formation continue. Une telle reconnaissance pourrait passer par des accords locaux, au vu du contexte particulier et selon l’importance spécifique du désert médical.


Chiffre d'affaires moyen

Pour la première fois, en 2013, le chiffre d’affaires moyen d’un magasin d’optique est passé sous la barre symbolique des 500 000 euros (Source : GfK). Cette baisse tient moins au marché lui-même qu’à l’hyper-concurrence entre opticiens, alimentée à flux continu par les établissements de formation devenus pléthoriques.  En valeur médiane, le chiffre d’affaires des opticiens a reculé de 1,3% en 2012 à près de 372 500 euros, et s’est contracté encore en 2013 de 0,7%. Cette baisse d’activité affecte les marges. Le taux de marge brute d’exploitation demeure élevé, même s’il connaît une baisse sensible : de 31% à 29%. Les charges de personnels pèsent sur ces résultats : elles représentent plus de  68% de la valeur ajoutée.


Chiffre d'affaires moyen par magasin

Le chiffre d’affaires en optique présente une grande disparité selon les acteurs. Si GfK en situe la moyenne à 481 000 euros, il faut distinguer :

-         Enseignes : 627 000 euros

-         Mutualité : 600 000

-         Opticien indépendant : 341 000

Au niveau enseigne, le CA par magasin se ventilerait comme suit :

Classement

Enseigne

CA par magasin

 1er

Optic 2000

648 579 euros

2ème

Krys

545 601

3ème

Afflelou

501 585

4ème

Générale d’Optique

476 966

5ème

Optical Center

330 008

6ème

Atol

320 869

7ème

GrandOptical

167 147

8ème

Vision +

122 250

9ème

Lissac

96 367

10ème

Lynx

81 794


Code de déontologie

Devant les campagnes de dénigrement dont font collectivement l’objet les opticiens, un certain nombre d’entre eux se sont élevés contre une généralisation excessive de la critique. Ils ont à cœur de refonder la légitimité du métier autour d’un véritable Code de déontologie. Une esquisse existe depuis l’an dernier, portée par le CEPOF (Collège d’Ethique Professionnelle des Opticiens de France), rappelant les engagements auxquels tout opticien digne de ce nom doit impérativement souscrire.  Ceux-ci sont de plusieurs niveaux :

-         Une obligation de moyen et de services (notamment la mise en situation d’usage) ;

-         Une  attitude loyale envers ses clients comme envers ses partenaires et concurrents ;

-         Un engagement clair quant à sa responsabilité (secret professionnel, confidentialité des données de santé), sa qualification (badge), la transparence (devis avec offre de base et offre personnalisée, aucune demande sur le remboursement avant devis), l’intégrité commerciale (pas d’optimisation de facture ni de substitution de produits)…

La limite de l’exercice : un Ordre des Opticiens est impossible, puisqu’il ne s’agit pas d’une profession libérale proprement dite. Il a jadis existé, dans les années 90, un  Conseil national des Opticiens (CNO), à vocation déontologique ; il fit long feu sans avoir véritablement laissé de trace inoubliable dans l’histoire professionnelle. Pour l’heure cette ébauche de Code de déontologie est une initiative louable, mais un peu isolée. Elle a cependant le grand mérite de clarifier pour tous l’attitude morale que l’on est un droit d’attendre d’une profession de santé telle que celle d’opticien.


Concentration, régulation et intégration

Le triple effet de concentration, intégration verticale/horizontale et internationalisation des acteurs dessine peu à peu les nouveaux contours économiques du secteur. De plus, les différents agents économiques (opticiens, ophtalmologistes, assureurs…), en dépassant leur clivage originel, peuvent être tentés à un moment ou un autre d’organiser l’optique en filière intégrée. Soit pour le meilleur (une prise en charge plus efficace de la santé visuelle des Français), soit pour le pire (une dérégulation effrénée pour une optique livrée sans ménagement aux fonds d’investissements).

Il a donc été décidé que la régulation des prix se ferait par le plafonnement des remboursements. Après la levée de bouclier que le projet de loi a suscité, le législateur a quelque peu desserré l’étau (voir l’article Plafonnement).

Le mouvement d’intégration va s’accélérer : les assureurs passent progressivement du statut d’organisme collecteur- payeur (payeur si l’on veut, car le payeur est avant tout l’assuré) à celui de centrale d’achat et de fabricant, selon le schéma aujourd’hui en vigueur aux Etats-Unis.


Consommateur en crise

Affecté par la crise qui est devenue un aspect structurant de son quotidien, le consommateur entre en résistance. Partage, mutualisation, système D, échanges d’information… Les contraintes économiques ont ouvert tout un monde d’innovations  sociales où la consommation tient un rôle clef.  Le désir de consommer s’émousse et se transforme. L’arbitrage devient expert et partagé, dans une relecture du lien social par les réseaux sociaux. Désenchanté par la politique, jugée trop lointaine et ploutocratique, le consommateur, de plus en plus, envisage son acte d’achat comme un acte militant (développement durable, commerce équitable,…).

Pour 59% des consommateurs (63% chez les jeunes) l’achat lunette n’est pas un achat comme les autres : c’est un achat de santé.  La vision reste une priorité pour les Français, devant les maladies cardio-vasculaire, le dentaire, l’audition, l’obésité et la dermatologie (Baromètre Asnav 2014). Vis-à-vis des enfants, les dents passent cette année en priorité pour les parents ; mais d’une courte tête. Le dernier contrôle visuel des Français remonte à moins de deux ans (72%, en raison de la médecine du travail). Pour 58% des personnes interrogées il s’agissait d’une simple visite de contrôle. 36% des visites font suite à l’impression de moins bien voir.

92% des Français procèdent à l’achat après la prescription (pour 82% seulement en lentilles).

La fréquence de renouvellement de l’équipement tourne majoritairement autour des 3 ans au plus (66% ; mais 82% chez les 16-24 ans…).


Consommation optique

La consommation optique présente trois caractéristiques spécifiques :

-         C’est une consommation faussement subventionnée : elle en donne l’apparence, mais au final le payeur est toujours le consommateur, l’assureur n’ayant qu’une délégation de paiement au titre de son assuré, au nom duquel il intervient de façon parfaitement rémunérée, commerciale et intéressée ;

 

-          C’est une consommation qui possède une grande élasticité : elle peut être différée, mais pas annulée. Dans leur grande majorité les achats optiques interviennent moins d’un mois après l’ordonnance. Le consommateur procède par rattrapage mais finit toujours, à quelques exceptions près, par transformer l’ordonnance en équipement. Si elle fait l’objet d’un arbitrage dans l’esprit du client, celui-ci a pour effet de différer l’achat et non de l’annuler. D’où ce marché en dents de scie. Le problème qui se pose actuellement à l’opticien est moins une baisse de son marché qu’un manque de visibilité à moyen terme. Cela, cumulé avec la concurrence exacerbé par la surpopulation de diplômés, rejaillit par rétroaction sur l’ensemble de la chaîne : on réduit les stocks, on achète moins de pièces, quitte à ne pas bénéficier de remise… Cette consommation par rattrapage enchérit donc le coût de revient et peut avoir un effet légèrement inflationniste ;

 

-         Ce n’est pas une consommation courante. Dans l’esprit du consommateur, l’aspect santé de la démarche imprègne complètement le parcours d’achat. A ce titre la concurrence ne joue pas comme sur les marchés classiques : elle ne fait pas baisser les prix.


Contactologie

La contactologie, dans l’aspect consommable de ses renouvellements, est devenu un des rares  produits optiques réellement  « web-compatibles » : elle a le format VPC par excellence !  La contactologie pèse 6% dans le chiffre d’affaires de l’opticien, soit une progression de 1,5%. 8,65 millions de boîtes ont été vendues en 2013, pour un prix moyen de 41 euros (+1 euro). Le CA de la contactologie dans son ensemble s’élève à 352 millions d’euros (+1,5%). Avec 58,7% du marché, les lentilles en silicone hydrogel maintiennent leur suprématie. Les solutions d’entretien ont perdu 3,8% en volume, soit 6,15 millions d’unités (14 euros en moyenne, stable). Les MDD (marques de distributeur) gagnent là aussi du terrain, pour peser 22% du marché. La loi Hamon vient d’autoriser que la vente des produits d’entretien sortent du monopole du pharmacien et de l’opticien.  


Créations

Le secteur reste très dynamique au niveau des créations de magasins. En 2013 il a enregistré deux fois plus de créations (1 331) que de fermetures (797). Les deux tiers des commerces d’optique ont passé le cap des 5 ans. Les entreprises sont donc plutôt pérennes. Alors qu’en France à peine une entreprise sur deux passe le cap des cinq ans, l’ancienneté des commerces d’optique confirme leur robustesse. L’âge moyen d’un magasin d’optique est de 12 ans ; 14 ans lorsqu’il s’agit d’un opticien employeur. Après un premier reflux qui a vu le nombre des créations retomber autours des  600  en 2008, le secteur est reparti au-dessus des 700 créations par an.


Cross-canal

C’est le mot à la mode pour dire qu’un opticien utilise tous les atouts de l’internet, cumulés avec tous les atouts du magasin en dur. Il faut savoir que les leaders de l’internet marchand sont rarement des pure-players. Le Net ne constitue qu’un prolongement du magasin. Il doit faire l’objet d’une stratégie globale visant à repenser l’ensemble de la relation client, intégrant les nouvelles technologies mais ne s’y résumant pas, dans une bonne synergie entre web-shop et shop. Ce qui signifie également que des éléments web doivent être facilement accessibles à l’intérieur même du magasin, principalement pour choisir, pratiquer des essayages virtuels sur des collections exhaustives, partager les photos avec sa communauté et recueillir des avis et commentaires. C’est là le cœur de ce nouveau « social shopping » : la recommandation par des pairs. Est-ce si nouveau ? Avant, on appelait ça « la réputation »… 


Décrets de 2007 portant sur le renouvellement sans ordonnance

Quid des décrets de 2007 portant sur le renouvellement sans ordonnance dans la limite de 3 ans après la tournante législative de cette année ?

Rappelons que 97% des délivrances de lunettes se font dans le cadre du remboursement Sécurité sociale. « Les renouvellements sur prescription datant de moins de trois ans représentent 17% de l’ensemble des lunettes délivrées. La part de renouvellements avec adaptation est de 40% parmi ces 17%, soit au final environ 7% des lunettes délivrées », note l’Académie Française d’Ophtalmologie. 30% des consultations ophtalmologiques sont à but réfractifs. Si l’on enlève un quart composé d’enfants de moins de seize ans pour qui l’ordonnance est requise et 36% de cas qui présentent un problème médical nécessitant un suivi particulier, cet accès direct du public ne concernerait que 16% de la patientèle de l’ophtalmologiste. Les situations d’opposition systématique de la part de l’ophtalmologiste, pourtant légales, restent relativement rares : 5,7%. Le renouvellement hors prescription est donc plutôt bien accepté par les ophtalmologistes. Le reproche fait aux opticiens : une majorité d’entre eux ne signalent pas à l’ophtalmo un changement de correction, comme la loi l’exige pourtant. Cette situation est à l’origine d’un blocage entre les deux professions, empêchant toute réflexion quant à d’autres modes de coopération.


Dégénérescence maculaire liée à l'âge

Dans les pays industrialisés, la DMLA est la première cause de malvoyance après 50 ans. C’est une affection chronique et évolutive de la rétine centrale entraînant une baisse de l’acuité visuelle bilatérale sans atteinte du champ visuel. L’évolution peut être asymétrique en intensité et dans le temps. Elle touche 1,5 million de personnes en France. 2/3 des cas sont représentés par la forme sèche ou atrophique. D’évolution lente, elle est la conséquence de la disparition progressive des cellules de la macula. Aucun traitement n’est disponible à ce jour. Le seul moyen est de la retarder par l’absorption de compléments alimentaires (vitamines C, E, minéraux antioxydants). La forme humide ou exsudative est observée dans un tiers des cas. Elle évolue rapidement. Elle est due à la formation de vaisseaux sanguins anormaux sous la rétine. Depuis 2006 on propose aux patients une injection mensuelle dans l’œil d’un médicament qui bloque cette prolifération des vaisseaux.

 (Source : Rétina France)


Délai d'attente pour un rendez-vous ophtalmo

En France, le délai d’attente pour obtenir un rendez-vous ophtalmologique est de 111 jours. Dans certaines régions particulièrement touchée par le désert ophtalmologique, ce délai dépasse les 12 mois !


Densité

40% des opticiens se concentrent en Ile-de-France, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’azur.


Déontologie

Retrouver un cadre éthique, une déontologie affirmée est le souhait de 64% des opticiens (sondage CDO). Près de deux tiers des opticiens se disent très favorables à l’organisation d’un Ordre des Opticiens ayant pouvoir de sanction. Pour autant l’ensemble des syndicats est contre. Y aurait-il un blocage du côté « patronal » ? Quoi qu’il en soit les Ordres ne concernent que les professions libérales et ne peuvent donc être envisagés pour les opticiens. C’est la raison pour laquelle ces derniers restent majoritairement attachés au remboursement obligatoire par la Sécurité sociale, qui fait opère des contrôles a minima.


Départ en retraite

On prévoit pour les opticiens propriétaires  1400 départs en retraite. 5000 d’ici 2020.


Dépense moyenne en optique

La dépense moyenne en optique par habitant est en France de  96,13 euros. Elle est la plus élevée d’Europe, non parce que les prix y sont supérieurs, mais parce que le marché possède une forte tradition d’innovations grâce à la présence d’Essilor, N°1 mondial des verres ophtalmiques et inventeur des progressifs. En outre le délai de renouvellement est l’un des moins élevés d’Europe. C’est la valeur du marché et sa tradition d’innovation qui explique le prix moyen élevé des produits optiques en France.


Dérégulation

Le cadre de l’économie globale, qu’on le veuille ou non, est celui de la dérégulation progressive. Que ce soit à travers le projet de Grand Marché Transatlantique (on lira notre édition d’été) ou simplement les us et coutumes de la commission européenne, le désengagement de l’Etat et la suppression de toute entrave à la liberté du commerce sont largement engagés. Avec un risque : que les profits engendrés par l’optique tendent de plus en plus à lui échapper. Ce phénomène ne peut être compensé que par un travail sur la légitimité des acteurs endogènes.


Développement Professionnel Continu (DPC)

Depuis le 1er janvier 2012, une nouvelle obligation en matière de formation incombe aux professionnels : le  Développement Professionnel Continu  (DPC). Le corps médical, mais aussi les professionnels de santé dont font partie les opticiens, sont concernés.  Il s’agit d’assurer au public une meilleure qualité de soin par la réactualisation permanente des connaissances. Cette démarche s’inscrit dans une obligation individuelle de long terme. Son application relève de la Haute Autorité de Santé (HAS). Un contrôle tous les cinq ans environ peut être effectué. Le contrôleur a mandat pour décréter si oui ou non le non-respect de cette obligation est de nature à entraîner une insuffisance professionnelle dommageable pour le public. L’abonnement à certaines revues professionnelles comme L’Essentiel, ainsi que la participation à certains salons et congrès, peuvent entrer dans le DPC.


Dipômés

Environ 2 500 diplômés sortent chaque année des écoles. 20% ne sont pas utilisés. 48% des étudiants poursuivent leurs études.

La sociologie des diplômés, et donc de l’optique tout entière, est en train de changer radicalement : à compter de la promotion 2015, 25% des effectifs présentés au BTS.OL seront issus des bacs  professionnels. Une mutation.


Ecoles d'Optique

Les écoles d’optique auront-elles la peau de l’optique ? « Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse », disaient les anciens …  Un dicton populaire taillé sur mesure pour l’optique actuelle. La surpopulation professionnelle est le principal facteur de déstabilisation de la filière, bien loin devant les OCAM ou le web. Faute de savoir réguler les flux de diplômés et d’installation, le risque de décrochage est sérieux. 40% des 2 500 diplômés annuels sortent de la même école, l’ISO, qui couvre l’ensemble du territoire avec onze établissements. Une démesure compréhensible au niveau business, mais qui a profondément déstabilisé le secteur. En passant trop brusquement d’un état de pénurie de diplômés à un état de saturation, le marché n’a absorbé de tels quotas que par l’envol déraisonnable du nombre de points de vente. Or c’est ce nombre de point de vente qui a été désigné comme un facteur inflationniste quant aux prix de l’optique.


EDI

Les logiciels EDI sont utilisés désormais de façon intense par les opticiens. Le volume des messages échangés dans le monde de l’optique est désormais proche du secteur de l’automobile.  8000 opticiens sont déjà connectés à la plateforme EDI. 4 000 téléchargent des catalogues et passent commandes en direct.2/3 des opticiens utilisent les fonctions de commandes fournisseurs liés aux catalogues téléchargés. La dématérialisation documentaire et l’usage croissant de l’EDI sont des facteurs favorables pour retrouver des marges de compétitivité. Ainsi le coût d’une facture papier est d’environ 9 euros, l’EDI permet de réaliser une économie de 3 euros par facture. Après la mise à disposition des catalogues électroniques des fournisseurs, le dispositif favorise désormais les demandes de prises en charge auprès des OCAM par retour d’information quasi-immédiat.


Employeur

L’optique de détail emploie 22 280 collaborateurs. Chez les Opticiens, la part  d’employeurs est deux fois plus élevée  que la moyenne nationale. 53% des points de vente emploient au moins un salarié. Ce taux place l’optique dans le peloton de tête, juste derrière l’officine de pharmacie (70%), loin devant les fleuristes (39%) et le prêt-à-porter (36%).

95% des entreprises comptent moins de 10 salariés.

L’emploi est concentré dans les TPE de un ou 2 salariés. 3 170 sur les 5 900 employeurs opticiens (54%) emploient une à deux personnes. 41% (soit 2 400) emploient de trois à neuf salariés. Les opticiens employeurs emploient en moyenne 3,8 salariés. Un ratio qui est tiré par quelques grands acteurs, sans lesquels le taux d’emploi se situe aux environs de 2,5.

Les commerces les plus anciens sont généralement plus employeurs. 62% des magasins installés depuis plus de cinq ans emploient en effet des salariés.


Encadrement des prix

Le concept de plafonnement des remboursements mis en place par le gouvernement n’est rien d’autre, de son propre aveu, qu’un encadrement des prix de l’optique. On peut se demander quelle légitimité aura un tel dispositif lorsque le TAFTA, traité du grand marché transatlantique qui devrait être signé l’an prochain, prendra effet. Car l’objectif de celui-ci est de lever toute entrave à la liberté de commerce. Or quelle plus sérieuse entrave que celle qui consiste à réglementer les tarifs ?


Essentiel de l'Optique (L') - Information fournisseur

Son credo tient en une phrase toute simple : l’optique n’est pas seulement un métier, c’est une cause, c’est une passion, c’est une culture.

L’Essentiel de l’Optique, c’est depuis 20 ans un positionnement unique pour une profession unique. En évitant les pièges de la complaisance et du corporatisme qui sont les deux écueils de toute presse sectorielle, L’Essentiel de l’optique a imposé l’acuité de ses analyses, la force de son indépendance et la créativité que lui donne  sa liberté de ton. Fort de son influence majeure grâce à la qualité de ses lecteurs, l’ensemble des décideurs et des principaux acteurs du marché, il est écouté bien au-delà de la filière.

L’Essentiel de l’optique est le magazine qui donne du sens à votre actualité, à travers ses actions de conseil, de veille et de valorisation.

Chaque mois le numéro est téléchargeable sur tablette à partir du site internet. Enfin, parce que l’optique c’est aussi de la convivialité, son désormais célèbre Club offre à nos lecteurs fidèles des centaines d’invitations et de cadeaux.

Site à consulter : www.essentiel-optique.com


Forfaits optiques

Les éléments qui inciteraient les Français à dépenser au-delà des forfaits optiques de la mutuelle :

-         Acheter des produits de fabrication française : 57%

-         Avoir des verres de meilleure qualité : 53%

-         Avoir une monture de marque : 1 3% (18% chez les jeunes)

(Source : Baromètre ASNAV 2014)

Les forfaits optiques paraissent défavorables à « l’effet griffe », qui a pourtant tant fait pour imposer la lunetterie dans l’univers de la mode. Curieusement, cela est vrai aussi dans la classe des 16-24 ans, que l’on aurait cru davantage mobilisés autour des  marques (effet prix ?). Mais une double bonne nouvelle : la qualité des verres est un critère primordial, ce qui relève d’une bonne compréhension du produit. Et le made in France, vu sous l’angle d’un engagement de la part du consommateur en faveur de l’emploi et du climat social, reste porteur.


Formation

91% des opticiens estiment qu’il est impératif de réguler le nombre de nouveaux diplômés. 79% se déclarent en faveur d’un allongement de la durée des études à trois ans. Pour 66% des sondés, la troisième année devrait être un approfondissement de la réfraction (étude, réalisation et contrôle de l’équipement). La refonte de la formation initiale selon le schéma européen LMD (Licence Master Doctorat) devrait être à l’ordre du jour prochainement (courant 2019) sur la base de l'universitarisation, en faculté de médecine, avec le concours des principales écoles existantes . 


Freeform

Les technologies freeform ont permis aux verres ophtalmiques de réaliser d’importants progrès, notamment en termes de personnalisation. Toutefois elles n’indiquent pas en soi une diminution des échecs d’adaptation : tant restent primordiaux l’exactitude des prises de mesures par l’opticien et les procédés de fabrication. Un polissage trop appuyé et c’est toute la subtilité du design qui s’en trouve affectée.  Au début de l’été la société Novacel annonçait dans ce domaine une avancée décisive : assurer une conformité 100% grâce à un nouvel outil industriel dont le Groupe vient d’acquérir en exclusivité pour l’Europe. Son nom : l’Automapper. Cet outil, qui a nécessité un investissement d’un million d’euros et possède une capacité de 200 verres par heure, permet de mesurer l’épaisseur, vérifie le positionnement des gravures, contrôle les puissances et compare le design théorique avec le design effectif. Au moindre écart, le verre est mis au rebus (1% des cas). Ce nouveau procédé remplace la vérification traditionnelle par prélèvement aléatoire  (un verre par heure) et constitue, avec 100% de contrôle, l’une des clefs pour faire évoluer le marché des verres freeform.


Glaucome

Insidieuse et indolore, le glaucome peut entraîner la perte totale de la vue. Plus d’un million de Français est concerné. Comme pour les autres maladies dégénératives, les conditions environnementales sont impliquées dans l’augmentation spectaculaire du nombre de cas. A partir de 40 ans un examen tous les trois ou quatre ans est recommandé. De nouvelles approches thérapeutiques s’orientent vers des traitements par ultrason.


Idées reçues

-              Préserver sa vue dès le plus jeune âge n’a aucun effet sur le vieillissement de l’œil : 62% des Français le croient. C’est faux.

-              Les rayons UV sont plus dangereux pour la peau que pour les yeux : 60% le croient. C’est faux.

-              Aujourd’hui on peut corriger tous les troubles de la vue : 58% le croient. C’est vrai.

-              Tout le monde devient obligatoirement presbyte  après 50 ans : seuls 32% le croient. Et pourtant c’est bien vrai !

(Source ASNAV Baromètre 2014)


Imprimante 3-D

L’imprimante 3-D a déjà fait son apparition chez certains fabricants pour la création de prototype de lunettes. Chez Lissac les imprimantes 3-D  ont d’abord servi à créer des lunettes spéciales, puis des lunettes personnalisées. Les imprimantes 3-D, c’est toute la puissance industrielle de la production en série au service d’un produit unique personnalisé. Un domaine en constante évolution, pour de nouvelles histoires à écrire. L’opticien sera peut-être amené à créer des fab-lab dans son magasin : des ateliers communautaires mis à la disposition du public pour que celui-ci réalise lui-même les lunettes dont il rêve. La fabrication additive va reconfigurer l’idée même de production, ainsi que le rapport au consommateur.


Internet

Après le rachat du site marchand Coastal.com, Essilor est devenu en 2014 le premier acteur mondial de la vente optique en ligne. Un tournant stratégique vers le consommateur qui n’est pas sans rappeler la stratégie de l’autre géant, de la lunetterie celui-là, Luxottica, devenu premier acteur mondial de la distribution optique ; mais qui lui aussi a décidé de jouer la carte Internet pour la vente de ses lunettes.

Pour la majorité des opticiens, Internet ne représente pas vraiment de menace sérieuse. 44% sont opposés à la vente des lunettes correctrices sur le net. 43% y sont plutôt favorables, sous réserve qu’elle soit pratiquée par un opticien diplômé propriétaire d’un magasin en dur… Pour la contactologie, 47% y sont pour une interdiction pure et simple, quand 49% y sont favorables sous condition d’encadrement. 

La loi Hamon, dans le but de faire jouer la concurrence pour baisser les prix de l’optique, a inscrit l’obligation pour l’ophtalmologiste d’inscrire l’écart pupillaire sur l’ordonnance, à seule fin de favoriser la vente de lunettes sur Internet.  Au vu du tollé provoqué dans le corps médical, qui ne se voit absolument pas en rabatteur de Sensee and Co, il serait étonnant que cette disposition soit véritablement appliquée.

Plus généralement, les résultats obtenus par l’Internet optique n’ont pour l’heure rien d’alarmants. La vitesse d’adoption du web par un marché est comprise entre 2 et 3% les premières années. Or les chiffres GfK indiquent pour l’optique un taux de 0,2% en optique et 0,6% en solaire : pas de quoi fouetter un chat. Pour les pure-players, l’optique risque fort de constituer leur bérézina. L’usage par les professionnels, en cross-canal, risque en revanche de dynamiser la relation client en la rendant plus fluide, plus constante, plus durable. Encore faut-il savoir l’alimenter comme il se doit. C’est tout le pari des années qui s’annoncent : refonder la relation-client en intégrant les valeurs émergentes du e-commerce.


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Loi de santé publique

La loi de Santé publique de 2004 a fixé comme objectif de réduire la fréquence des troubles de la vision, d’assurer un dépistage et une prise en charge précoce, et de prévenir les limitations fonctionnelles et leurs conséquences. Elle constitue le cadre dans lequel viennent s’inscrire les différentes initiatives réglementaires et législatives.


Lunettes intelligentes

Les lunettes sont au cœur des évolutions portant sur les nouvelles technologies embarquées.  Déjà 75% des consommateurs se disent prêts à l’usage de technologie leur permettant d’apprendre et d’optimiser leur comportement et leur efficience. Derrière la Google Glass (dont on espère 21 millions d’unités vendues dans le monde dès 2018), c’est bien toute une vague d’innovations de rupture qui s’annonce pour l’opticien. Réalité augmentée, omni-connectivité… tout devient possible. Le récent Vision Expo de New York a été en optique le premier salon international à consacrer tout un espace au « smart eyewear ».  2015 et 2016 vont voir l’arrivée sur le marché de l’optique de ces nouvelles catégories de produits qui associent la vision (qu’il faudra bien corriger lorsqu’il y a lieu) et l’information. Mais déjà Google se heurte à une première résistance de la part de la société, sur la question du respect de la vie privée. Reste également le problème épineux du passage entre monde réel et monde virtuel, psychologiquement perturbant.

A côté de l’entertainment, cette nouvelle catégorie entre également dans le champ de l’apprentissage (un apprenti peut visualiser les gestes à faire sans avoir à les connaître à l’avance). Essilor pour sa part  a concentré ses efforts sur l’aide à la malvoyance, avec une lunette caméra qui renvoie l’image grossie sur la partie saine de la rétine. Une nouvelle ère pour l’accompagnement de la basse-vision, et là encore de nouvelles catégories de produits pour l’opticien. 

Les lunettes intelligentes vont permettre à l’opticien de se positionner sur deux marchés nouveaux : celui de l’entertainment et celui de la basse-vision traitée par de simples lunettes.


Made in France

Plus de 85% des clients sont sensibles au « made in France » (Source : Optic 2000). A l’heure de la mondialisation, la défense de l’activité locale est plus que jamais une question d’actualité. Importer est un bienfait, à condition que la transformation dans l’hexagone représente la plus grande part de la valeur ajoutée. Le « made in » a quitté son empreinte cocardière pour revêtir une dimension « développement durable ». Attention : le made in France est différent du label Origine France Garantie, qui est plus contraignant (voir article Origine France Garantie).


Maitenaz Bernard, lauréat de l'Apollo Award 2014

Bernard Maitenaz, inventeur du verre progressif et past-président d’Essilor (1980-1991), s’est vu attribué en juin 2014 le prestigieux Apollo Award décerné par l’Association Américaine d’Optométrie. Une récompense du monde de l’optométrie internationale envers les professionnels s’étant illustrés par leur apport significatif en faveur de la santé visuelle.

C’est en 1959 que Bernard Maitenaz, alors ingénieur chez Essilor, développe le tout premier concept de verre progressif. La presbytie est le problème visuel le plus répandu au monde. On estime qu’en 2050 3,5 milliards de personnes seront concernés. En France, on compte aujourd’hui 26 millions de presbytes, dont 20% ont une vue non ou insuffisamment corrigée.

 On peut considérer que le Varilux a été la première innovation de rupture dans le domaine de la santé visuelle.


Marché de l'optique

Le marché de l’optique est à  – 2,5% d’après L’Observatoire de l’Optique et +1% d’après GfK… La réalité doit donc se situer entre les deux. A savoir : une légère décroissance. Il pèse 5,822 milliards d’euros.

La structure et l’évolution du chiffre d’affaires de l’opticien en 2013 se présente ainsi :

VERRES

56,6%  (+2,4%)

MONTURES

23 ,5 % (+1%)

SOLAIRES

9%  (=)

LENTILLES

6%  (=)

SOLUTIONS D’ENTRETIE N

1,5% (+1,5%)

AUTRES PRODUITS

3,3%

 

(Source : GfK 2014)


Marques

En solaires et en optiques, il existe sur le marché plus de 1300 marques. Or toutes les études montrent qu’entre la forme et la marque, le client privilégie la forme. C’est sans doute pour cela que l’on note cette année encore une percée des MDD.


Monopole de l'opticien

Le monopole de l’opticien vient encore une fois d’être  écorné par des dispositions récentes : l’investisseur qui se rend propriétaire d’un magasin d’optique n’a plus besoin d’être opticien diplômé. Déjà dans les années 90 une première brèche avait été ouverte en autorisant les investisseurs non diplômés  à opérer sur ce marché, sous condition que l’un des associés  soit détenteur du diplôme d’opticien. Ce fut l’entrée des fonds d’investissement. La mesure récente présente l’avantage pour l’opticien de pouvoir transmettre son affaire à son entourage non diplômé. Mais attention : l’idée même de profession réglementée et de monopole est considérée par Bruxelles comme un entrave à la liberté de commerce, notamment dans le cadre du TAFTA (on lira à ce sujet notre article de juin). Le monopole, s’il devait être frontalement remis en cause, entraînerait automatiquement la démédicalisation totale du métier et de toute la filière.   


Montures

Le marché des montures est estimé à 1,36 milliards d’euros (+1%), soit 11, 5 millions de montures vendues (+3%). Le prix moyen d’une monture s’établit à 129 euros (-5 euros) pour les marques, à 56 euros pour les MDD. Les magasins d’optique ont vendu en moyenne 32 marques (+2), selon 98 modèles différents (+8). Ce sont les MDD qui ont soutenu le marché. Le consommateur a cherché les prix, et les promotions.  Les montures à plus de 150 euros ont été pénalisées, au profit de l’entrée de gamme.

 

MARQUES

MDD

VOLUME

-         0,3%

+ 10%

VALEUR

-         1,1%

+ 12,4%

(GfK)


Nouvelles catégories de produits

C’est sans doute l’excellente nouvelle qui est passée inaperçue, tant l’optique a été l’objet d’une tempête médiatico-législative cette année. Mais c’est un fait : de nouvelles catégories de produits à très forte valeur ajoutée sont en passe de faire leur entrée dans vos magasins.

Comme nous l’avons annoncé dès le début des années 2000, le marché est en train d’opérer un glissement progressif : certaines amétropies vont pouvoir être soit prévenues (verres pour freiner la myopie), ou réparées (lentilles de nuit pour remodeler la courbure de la cornée), soit traitées par une pharmacopée nouvelle. La basse-vision va pouvoir, dans certains cas, être traitée par des lunettes intelligentes (réalité augmentée, lunettes caméras renvoyant l’image grossie sur la partie saine de la rétine). Ce qui veut dire une transformation radicale de la prise en charge de la basse-vision à travers des produits à la fois légers, faciles d’usage et parfaitement nomades.

A cela vient s’ajouter la nouvelle catégorie de « smartglasses », qui font entrer, à la suite des lunettes astronomiques et d’observation d’autrefois, le domaine des loisirs dans le magasin d’optique. C’est à une restructuration totale du marché que  nous allons assister d’ici les tous prochains mois. 


Observatoire des Enjeux de la Vision

Sous la Présidence de Jean-Félix Biosse-Duplan, l’Observatoire des Enjeux de la Vision (en anglais : Vision Impact Institue) a vu le jour en 2013. Son objectif : devenir un centre ressource international pour compiler et diffuser les données fiables et scientifiques concernant l’impact socio-économique du mal-voir et sensibiliser décideurs et institutionnels, tout en encourageant la multiplication de telles études. Une idée simple pour un enjeu majeur : aider le monde à mieux voir.

Site à consulter : www.visionimpactinstitute.org


Orthoptiste-optométriste

En vue de redéployer les compétences au plus près des besoins,  une proposition venue du sénateur PS Ronan Kerdraon vise à inventer une nouvelle profession, celle d’orthoptiste-optométriste. Il s’agirait d’améliorer l’accès au soin sur tout le territoire par l’organisation d’une nouvelle filière de  prise en charge. Le moyen : faire converger les deux professions par une révision de leur formation respective, autour d’un tronc commun. La formation des deux professions va donc être amenée à être revue : examen de réfraction et de dépistage, prescription de dispositifs correcteurs, suivi de certaines pathologies stabilisées, en association avec l’ophtalmologiste. Une nouvelle profession verrait ainsi le jour, fortes de prérogatives redéfinies et d’un périmètre d’activité augmenté, premier pas pour la délégation de tâche dont on parle tant mais que l’on ne voit jamais venir. Cette profession se mettrait en place en priorité dans les déserts médicaux. Les programmes seraient définis au niveau du ministère de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, la Haute Autorité de Santé et les deux professions concernées.

Les orthoptistes du SNAO entendent ainsi se voir confier la « physiologie visuelle » ainsi que le suivi des pathologies stabilisées ; permettre une mise en œuvre de toutes les compétences légales des orthoptistes dans leur exercice quotidien et ceci quel que soit leur statut professionnel ; agir en bonne intelligence avec les ophtalmologistes, partenaires privilégiés depuis toujours ; empêcher une catégorie d’opticien n’ayant eu d’enseignement qu’en faculté de sciences mais jamais en faculté de médecine de s’approprier des prérogatives et des compétences qui ne sont légalement dévolues qu’aux ophtalmologistes et aux orthoptistes.

En reprenant à leur compte le concept d’optométriste, les orthoptistes verraient là également le moyen de s’affranchir de la tutelle ophtalmologique. Cependant le rapport de force, 12 000 opticiens pour moins de 4000 orthoptistes, est favorable aux opticiens ; d’autant que cette nouvelle formation serait à même d’absorber la surpopulation de diplômés en optique. Les orthoptistes n’auraient alors pas grand-chose à y gagner.


Parc de magasins

Toujours en situation de saturation, le parc de magasin ralentit sa croissance. Mais le solde était quand même de 300 unités supplémentaires en 2013.  La totalité du parc compte désormais 11 685 points de vente (GfK).

           ///////               Graphe p 7 étude Altarès Evolution comparée des créations et défaillances

(Source Altarès juin 2014)

Si l’on observe l’évolution comparée des créations et défaillances de commerce d’optique, on constate que le secteur a été sensible à la conjoncture : un premier pic de défaillance (défaillances supérieures au nombre de créations) a débuté dès la fin 2008, au déclenchement de la crise, pour ne se résorber que fin 2009. Depuis 2012 un même phénomène est réapparu, avec un pic encore jamais atteint en termes de défaillances.


Pathologies de la rétine

-         L’amaurose congénitale de Leber est l’une des principales causes de cécité chez l’enfant, par détérioration progressive de la rétine. Elle touche 30 000 personnes en France ;

-         La maladie de Stargardt est la plus fréquente des dystrophies maculaires héréditaires et concerne jusqu’à 5 personnes sur 10 000. Elle touche la région centrale de la rétine et débute entre 7 et 12 ans. En 2 ou 3 ans elle occasionne une forte diminution de l’acuité visuelle bilatérale ;

-         La rétinite pigmentaire touche environ 40 000 Français, un million et demi dans le monde. La forme typique concerne principalement les bâtonnets, entraînant une cécité de nuit suivie par des pertes du champ visuel en zone périphérique (vision en tunnel). Troubles sévères à partir de 40-50 ans ;

-         Le syndrome de Usher associe une rétinite pigmentaire et une surdité neurosensorielle. La rétinite pigmentaire aboutit à une cécité totale en quelques dizaines d’années (entre 50 et 70 ans en général).

Il n’existe pour l’instant aucun traitement pour ces pathologies. Cependant les thérapies géniques, actuellement en test sur l’animal, offrent une voie d’avenir.

(Source Retina International)


Permis de conduire

77% des Français seraient d’accord pour être soumis à un bilan visuel lors de l’examen du permis de conduire, puis périodiquement tout au long de leur vie d’automobilistes. Un fort taux d’acceptation d’une disposition qui est dans les textes (Code de la route), mais reste pour l’instant un vœu pieux.


Perspectives du marché

A stratégie constante, d’ici 2025, le nombre de nouveaux porteurs de corrections optiques ne devrait augmenter que de 12%. Encore faut-il souligner que cela ne concernera que les plus de 60 ans, qui ont besoin d’un suivi ophtalmologique régulier et d’une attention toute particulière. La population de plus de 60 ans pèsera pour près de la moitié des porteurs de lunettes mais cette population sera également suivie pour des pathologies de l’œil comme le glaucome, la DMLA, la rétinopathie diabétique ou la cataracte, voir un syndrome sec oculaire. En outre la réforme des retraites  va peser lourdement sur le pouvoir d’achat de cette population senior que l’on présentait, il y a peu, comme un véritable eldorado, et qui, si l’on continue comme ça, va constituer l’un des principaux gisements de nouvelles formes de pauvreté.

D’après l’Académie Française d’Ophtalmologie, le transfert de renouvellement chez les opticiens ne peut avoir que des effets limités sur le plan des files d’attentes ophtalmo. « Les prescriptions optiques se feront souvent lors de ces suivis et prises en charge sans nette surcharge de travail par rapport à aujourd’hui, estime-t-on côté Snof (Syndicat national des Ophtalmologistes de France). Les besoins en consultations à visée uniquement réfractive vont diminuer probablement, sauf si une épidémie de myopie apparaît, en raison d’une légère contraction de la population des moins de 60 ans. Ces consultations réfractives ne devraient guère représenter plus de 10% de l’activité ophtalmologique globale. Il apparaît ainsi qu’à l’avenir, le problème essentiel est bien celui de l’accès aux soins et à la prévention et non l’accès aux prescriptions optiques, qui se fera souvent à la faveur d’un examen ayant une autre justification ».

Raison de plus pour approfondir les marchés existants et pour que l’opticien s’intéresse à des marchés connexes ou nouveaux, hautement technologiques, comme la basse-vision, les verres et lentilles thérapeutiques ou l’entertainment (Google Glass).

(Source primaire : Académie Française d’Ophtalmologie)


Plafonnement

L’article R.871-2 du code de la sécurité sociale, dans son projet, précise les remboursements suivants :

a)            « Au minimum à 50 euros et au maximum à 450 euros par équipement à verres simples foyer dont la sphère est comprise entre – 6,00 et + 6,00, ou dont le cylindre est inférieur ou égal à + 4,00 ;

b)           Au minimum à 125 euros et au maximum à 575 euros par équipement comportant un verre mentionné en a) et un verre mentionné en c) ;

c)            Au minimum à 200 euros et au maximum à 700 euros par équipement à verres simple foyer dont la sphère est supérieure ou égale à -6,00 ou + 6,00, ou dont le cylindre est supérieur à 4,00 et à verres multifocaux ou progressifs et pour le matériel d’amblyopie ;

d)           Au minimum à 125 euros et au maximum à 625 euros par équipement comportant un verre mentionné au a) et un verre mentionné au f) ;

e)           Au minimum à 200 euros et au maximum à 750 euros par équipement comportant un verre mentionné au c) et un verre mentionné au f) ;

f)            Au minimum à 200 euros et au maximum à 800 euros par équipement pour adulte à verres multifocaux ou progressifs sphéro-cylindriques dont la sphère est hors zone de -8,00 à +8,00 ou à verres multifocaux ou progressifs sphériques dont la sphère est hors zone de -4,00 à +4,00 ;

g)            Au minimum à 100 euros pour les frais de lentilles ;

Pour l’application des maxima mentionnés aux a) à c) ci-dessous, la prise en charge des montures est limitée à 150 euros ».

Une garantie qui s’applique par période de deux ans, sauf pour les enfants de moins de six ans ou en cas de renouvellement de l’équipement justifiée par une évolution de la vue.

Conscients du double enjeu, industriel et social pour la filière et sanitaire pour la population, les Pouvoirs publics ont donc accepté de desserrer l’étau dans lequel ils comptaient bien enfermer la profession au prétexte de dérives tarifaires. Ce décret s’assortit de la création d’un Observatoire des prix et de la prise en charge en optique médicale.

A l’heure où nous écrivons ces lignes tous les arbitrages n’ont pas été encore rendus. Mais il est probable que le texte final soit assez conforme à cette mouture-là. L’entrée en vigueur de la mesure, initialement fixée au 1er janvier 2015, pourrait cependant être repoussée au vu du retard pris.

Pour 82% des Français, les mesures du gouvernement visant à baisser le niveau de remboursement des équipements optiques par les complémentaires est une mauvaise nouvelle (une très mauvaise pour 55%). 

Synthèse de la mise en place de la réforme portant sur l’adoption de plancher et de plafond de remboursement :

Produit

Remboursement minimum

Remboursement maximum*

Verres simples

50 euros

470 euros

Verres complexes

200 euros

750 euros

Verres très complexes

200 euros

850 euros

 

*dont monture : 150 euros.


Plafonnement suite : tout changer pour que rien ne change ?

L’idée de plafonnement avait un objectif : la baisse des prix en optique. Or cette mesure ne peut avoir l’efficacité escomptée. Pourquoi ? Parce que les montants fixés correspondent à quelque chose près aux prix moyens généralement constatés. Ce qui est logique : il n’y a pas eu de dérive des prix en optique, et ceci en est bien la preuve. La mise en place de ses plafonnements ne représente qu’une gesticulation politicienne de plus : une petite campagne de promo gouvernementale à pas cher.

Mieux : avec des planchers supérieurs aux seuils actuels, l’entrée de gamme va connaître un léger renchérissement. De sorte que la dépendance moyenne devrait être amenée… à augmenter. 

L’effet positif est à cherche ailleurs. En limitant les remboursements à une périodicité biannuelle, le dispositif met fin aux « paniers assurantiels optimisés » (visant à épuiser complètement les droits), de composition plus ou moins licites, comme lorsqu’on propose des « bons d’achat » pour des produits complémentaires tels que lunettes solaires par exemple. Dans ce cas, si baisse il y a, elle sera à la mesure exacte de la fraude antérieure.

Les lunetiers français en revanche risquent de subir les conséquences du plafonnement à 150 euros la monture, puisque la moyenne des ventes se situe plutôt autour de 190 euros. Mais la valorisation du savoir-faire et de la créativité peut permettre au public d’accepter un certain montant de reste à charge. Une étude récente montrait que les Français sont susceptibles d’accepter un reste à charge en optique allant jusqu’à 120 euros. De sorte que le prix des montures accepterait une certaine élasticité, entre 150 et 270 euros ; ce qui laisse de belles perspectives au marché.  A condition que l’opticien fasse un travail de véritable commerçant, et ne se contente plus seulement de répondre à la demande.  Et puis un remboursement de 150 euros vaut mieux qu’un déremboursement. Il peut être vécu comme une aide à l’achat, et non comme un plafond de consommation proprement dit.

Une subtile péréquation qui ne se fera pas d’elle-même, bien entendu, mais devra au contraire faire l’objet de stratégies précises menées avec volontarisme et détermination. Plus de technique, plus de santé, plus de commerce : le métier d’opticien est en passe de retrouver le trépied fondamental sur lequel il repose.


Point Vision

Point Vision, c’est un centre comprenant des équipes pluridisciplinaires ophtalmologistes, orthoptistes et assistantes médicales. La promesse : un rendez-vous en 48 heures au tarif conventionnel. 50 centres Point Vision devraient ouvrir leurs portes d’ici à 2019.


Porteurs : ils sont globalement défavorables au plafonnement

Les Français sont aujourd’hui  73% à porter des lunettes, dont 35% équipées en verres progressifs. D’après un récent sondage Ifop pour Krys, 65% des porteurs redoutent les conséquences négatives du principe de plafonnement sur la qualité de suivi de leur santé visuelle (voir article Plafonnement). 70% se disent même sceptiques quant à l’efficacité du plafonnement à faire baisser les prix. 80% estiment que ces mesures seront surtout favorables aux OCAM et mutuelles, même si 54% ne comptent pas en changer (ce qui fait quand même 46% de Français à même de changer d’assurance santé à cause de la question des plafonnements optiques). 62%, une large majorité, pensent que ces mesures seront bénéfiques aux produits d’importation. Seuls 24% des personnes interrogées voient dans ces dispositifs un bénéfice pour les porteurs… 41% pensent qu’ils paieront plus cher leur équipement, tandis que 59% n’espèrent pas voir leur niveau de cotisation baisser. 89% ont le sentiment que celles-ci n’ont d’ailleurs pas cessé d’augmenter depuis cinq ans, alors qu’ils sont 45% à trouver que les niveaux de remboursement ont baissé…

Suite à la politique de plafonnement des remboursements, certains prédisent une baisse du marché de 20%.  Mais il se peut surtout que le marché ne baisse que du niveau de ses fraudes ; que d’aucuns estiment, précisément, à 20%...


Pratiques visuelles des Français

Pratiques quotidiennes

Ensemble des Français

16-24 ans

Télévision

2 H26

2H07

Ordinateur

1H50

3H03

Lecture papier

1H17

1H44

Téléphone portable

39 mn

1H58

Tablette-Liseuse

18 mn

44 mn

Total devant écran

5H13

7H52

Source : Baromètre ASNAV 2014

La lecture de près gagnant du terrain, un phénomène de myopisation est en train de prendre l’ampleur d’une épidémie. 29% des Français se plaignent de troubles visuels devant un écran, mais ils sont 40% dans la classe 16-24 ans. Les Digital Nativ rencontrent nettement plus de difficultés que le reste de la population.


Prix de l'optique

Les prix en optique, jugés trop élevés par 72% des Français, ont servi d’angle d’attaque pour imposer les réseaux d’assurance dans un premier temps, puis le plafonnement dans un deuxième temps. Pourtant les prix en optique n’ont guère évolué que d’environ 11% depuis le début des années 2000, soit une hausse tout juste égale  à l’inflation. Alors que la baguette de pain s’envolait, depuis le passage à l’euro, de 75% ; le litre de lait de 60% ; le litre de gazole de 75% ; le mètre carré de 112% ; la voiture de moyenne gamme de 193%... Quant au prix de la pomme de terre, il est passé de 1,50 franc les 5 kilos à… 4,92 euros, soit plus de 32 francs !  Dans cette valse des étiquettes, qui a largement profité du passage à l’euro, l’optique s’est plutôt tenue avec dignité et responsabilité.

Les Pouvoirs publics estiment entre 20% et 50% le surcoût des lunettes. Les pistes pour agir sur les prix : réduction des frais fixes et des charges de personnels ; rationalisation des achats pour jouer sur le volume et chasse aux intermédiaires ; régulation par un acteur extérieur ; plafonnement des remboursements complémentaires. Ce qui va pousser au développement des sur-complémentaires et au surenchérissement des prix des contrats d’assurance… La santé à deux vitesses est bel et bien en train de naître sous nos yeux. Contrats plus chers et baisses des prestations sont au programme.


Prix des verres en Europe

Pour mettre un terme à la rumeur « les prix des verres en France sont en Europe les plus élevés », GfK a établi le comparatif suivant avec deux pays de référence :

 

TVA

Unifocaux

Progressifs

France

20%

44 euros

119 euros

Allemagne

19%

54 euros

211 euros

Italie

4%

69 euros

191 euros

 

C’est le taux de pénétration du progressif dans le marché français, son marché d’origine, qui explique les écarts non de prix mais de valeur des marchés : 35%, contre seulement 20% en Allemagne. La critique a tout simplement confondu cherté et avance technologique.


Propriétaire non opticien

Encore une brèche dans le monopole de l’opticien : après avoir annulé à l’aube des années 90  l’obligation d’un diplôme BTS.OL pour entrer dans l’actionnariat d’un magasin d’optique, les Pouvoirs publics (Loi Hamon) ont rendu possible en 2014 la propriété à 100% d’un magasin d’optique par un non diplômé.


Recherche

La recherche en santé visuelle comme dans les autres domaines passe désormais par l’organisation d’équipes mixte université-industrie, pour la conception et la mise au point de produits (innovations de rupture), de process et de méthodes. Chez Essilor par exemple, la recherche est orientée vers deux disciplines : la physiologie et l’optique. La recherche fondamentale s’occupant de données physiologiques, mais aussi biométriques ou comportementales. Des tests multisensoriels sont effectués au moyen d’images numériques, de réalité virtuelle 3-D et de simulations de design. La modélisation poussée permet désormais une rapidité de validation inconnue jusqu’alors, à un moindre coût puisqu’on n’attend plus de tester sur l’objet fabriqué. C’est ainsi qu’Essilor a noué un partenariat avec le laboratoire canadien Jocelyn Faubert, affilié à l’Ecole d’Optométrie de l’Université de Montréal, qui travaille depuis quinze ans sur le vieillissement du système visuel humain. La recherche porte sur de nouveaux outils permettant d’étudier les interactions entre la vision et le contrôle de nos mouvements (relation vision-motricité). Varilux S design a bénéficié du travail mené par Essilor au sein de ce laboratoire.


Remboursements

Le montant consenti par les assurances complémentaires pour le remboursement des équipements optiques est jugé insuffisant par 57% des Français (Source : Baromètre ASNAV 2014).


Rente

Rente : le mot a été lâché plusieurs fois à propos des opticiens. En juillet, Arnaud Montebourg, sur la foi d’un rapport secret de Bercy, a déclaré qu’il allait s’attaquer à 37 professions réglementées afin de redonner 6 milliards d’euros au pouvoir d’achat des Français. Dans le collimateur : les monopoles que ne justifient ni le niveau élevé des études requises, ni le niveau de prise de risque. Une fois de plus la logique est claire. Soit un monopole garantit au public une haute qualité de service et de résultats, soit il s’agit d’une rente qu’il s’agit, dans l’esprit du législateur, de supprimer à brève échéance. Tôt ou tard la question du monopole de l’opticien se posera : il est donc plus que temps d’affirmer son fondement de manière indiscutable en donnant clairement des gages de sérieux et de responsabilité. 


Réseaux

Réseaux  ou plafonnement ? A quoi bon des réseaux visant à contrôler le niveau des prix s’il existe par ailleurs un plafonnement chargé de la même mission ? Il se pourrait bien que les assureurs détestent les plafonnements encore plus que les opticiens.

Concrètement, les réseaux fonctionnent-ils ? Prenons l’exemple d’Itelis (2 200 opticiens). Au premier trimestre 2014, 29% des adhérents Smatis ayant eu recours à des soins optiques ont fait appel à un opticien du réseau Itelis. Le coût moyen des actes réalisés est de 115 € pour les montures et de 122 € pour les verres. En ce qui concerne les verres, il existe de fortes disparités selon qu'ils soient de type unifocal (71 €), mi-distance (98 €), progressif (196 €) ou bifocal (124 €). Au sein de chaque type de verres, les prix peuvent varier sensiblement. Si pour les verres unifocaux, les variations de prix sont minimes autour de la moyenne, pour les verres progressifs, les tarifs débutent à moins de 100 € pour des verres « premier prix » et peuvent atteindre plus de 600 € pour des verres haut de gamme de dernière génération. En moyenne, la prise en charge complémentaire pour les montures s'élève à 50 €, induisant un reste à charge moyen pour les assurés de 60 €. Dans le détail, 25% d'entre eux ont un reste à charge nul, 6% de moins de 10 €, 11% entre 10 et 30 €, 10% entre 30 et 50 €, 21% entre 50 et 100 € et 26% de plus de 100 €. Pour les verres, le remboursement complémentaire moyen s'élève à 80 € laissant un reste à charge moyen pour l'assuré de 37 €. Mais là encore, il existe de fortes variations en fonction des types de verre. Pour les verres unifocaux, la prise en charge est de 58 € en moyenne avec un reste à charge de 9 €, alors que pour les verres progressifs, si le remboursement complémentaire moyen atteint 112 €, le reste à charge s'élève à 78 €. Pour autant, les remboursements liés à des verres complexes, et donc onéreux, restent assez rares et 60% des adhérents bénéficient d'un reste à charge nul et seuls 15% doivent débourser plus de 100 € (4% moins de 10 €, 7% entre 10 et 30 €, 5% entre 30 et 50 €, 9% entre 50 et 100 €).


Reste à charge

Le reste à charge acceptable par le consommateur moyen  est d’environ 120 euros. Même avec un plafonnement des montures à 150 euros, cela laisse le champ à la négociation ; et peut augurer de très belles ventes. On dit que l’opticien va devenir un « vendeur de reste à charge ». C’est un raccourci un peu trop sommaire. En fait, l’opticien va devoir travailler son offre, et plus seulement attendre la demande au prétexte qu’il a investi dans un emplacement N°1. Bref, retour à la case « commerce ». Révolution culturelle pour certains, cette évolution est avant tout le signe d’un système qui se remet à l’endroit. Les griffes non justifiées (elles sont nombreuses) risquent de payer au prix fort  ce changement de paradigme ; on le voit déjà dans la percée actuelle des MDD à leur détriment. Il est sûr que la lunette porte-logo a fait son temps, et qu’une licence doit être légitime sur le marché de l’optique, ce qui est loin d’être toujours le cas. La marque fonctionne encore, mais surtout comme une réassurance, la cerise sur un gâteau qui est avant tout fait de style et de « fitting ». 


Santé Visuelle

Pour 93% des Français, la santé visuelle est avant tout une problématique de santé publique au même titre que les autres affections. A ce titre, 96% des personnes interrogées estiment nécessaires que l’optique reste dans le cadre de la solidarité nationale, et continue donc à être prise en charge par l’assurance maladie, même à un faible taux. (Source : Baromètre ASNAV 2014).


Sesam-Vitale

Après plus de quinze ans de tergiversation, 2014 sera finalement l’année du déploiement SESAM-Vitale. Pour une totale dématérialisation et un maximum d’efficience, l’opticien doit être équipé d’un lecteur pour la carte Vitale de l’assuré et pour sa carte de professionnel de santé ; d’une carte de professionnel de santé ; d’un logiciel agréé télétransmission à la norme 1.40. Une borne de mise à jour des cartes vitales dans le magasin s’avère très appréciée par les assurés. L’opticien affiche le niveau de prise en charge  de son client par lecture de sa carte, puis télétransmet simultanément une feuille de soin électronique vers le régime obligatoire et une demande de remboursement vers le régime complémentaire. Il ne restera plus à l’opticien qu’à envoyer l’ordonnance aux CPAM tous les quinze jours ou tous les mois. Opticien et client sont ainsi payés de leur dû respectif avec rapidité : sous cinq jours pour le premier, sous 48-72 heures pour le second.  Avec un taux de rejet négligeable, la télétransmission SESAM-Vitale prend son envol. On prévoie qu’environ 3000 opticiens auront basculé en SESAM-Vitale d’ici la fin de l’année 


Silver Economy

La Silver Economy (entendez le marché des seniors) est le principal réservoir de croissance dans bien des domaines. Pour bien en comprendre les arcanes, il convient de bien segmenter une population bien plus disparate qu’il n’y paraît. Rien de commun en effet entre un actif au faîte de sa carrière et un retraité âgé au prise avec la dépendance. Les seniors vieillissent avec les repères et les valeurs qui ont traversé la société dans laquelle ils furent actifs ; l’effet « génération » prime sur l’effet « âge ». Le vieillissement, avec le départ en retraite, est un facteur progressif  de désocialisation qui entraîne une moindre appétence à la consommation, avec une hypertrophie soudaine des dépenses de santé. Plus on monte en âge et plus la classe « Senior » se féminise. Enfin l’entrée dans la classe des aînés accentue les inégalités sociales. Cependant la prise d’âge reste financièrement favorable. Jusqu’à procurer des situations plus enviables que le reste de la population. Accueil, psychologie et confort sont les trois clefs pour réussir sur cette cible porteuse.


Sinistralité

0,7% : tel est le taux de sinistralité des commerces optiques. C’est deux fois moins que sur l’ensemble de l’économie française. Le nombre de dépôts de bilan, qui était de 50 en 2007-2008, a connu une hausse sensible, bien que raisonnable eu égard au contexte : moins d’une centaine par an.


SmartGlasses

Le Smart Eyewear a fait sa première apparition sur un salon international à l’occasion du Vision East de New York en mars 2014. Sur le modèle de la Google Glass (qui n’est que l’arbre qui cache la forêt), une nouvelle catégorie de produit est en effet en train d’arriver. Les lunettes intelligentes sont un concentré de technologies embarquées (réalité augmentée). On leur promet déjà un destin semblable au smartphone. Avec cet avantage décisif : les lunettes intelligentes laissent les mains libres et les images qu’elles retransmettent sont vues à hauteur des yeux. Essilor travaille naturellement sur ce type de projet, principalement dans le domaine de la malvoyance. Des lunettes caméras renvoient l’image augmentée sur la partie encore valide de la rétine. C’est une avancée décisive, car l’appareillage de la malvoyance va devenir léger et parfaitement nomade. Ce qui rendra également ce type de produit accessible chez tous les opticiens : vous êtes donc tous concernés. Essilor envisage également des applications professionnelles, télémédecine ou apprentissage. En revanche la marque bleue est plus réservé sur l’usage entertainment et les nombreuses questions que l’usage des lunettes intelligentes posent aujourd’hui quant aux questions relatives au respect de la vie privée.


Social Shopping

La recommandation sociale, à travers les réseaux et les communautés, est devenue le nouvel incontournable de toute stratégie marketing. Et les « community managers » deviennent les nouveaux profils à la mode. Il s’agit d’organiser et d’orchestrer les outils digitaux pour entretenir de nouveaux rapports de proximité, voire de complicité, avec le client. Alerte, gestion de contenu (Facebook, twitter,etc.), organisation et animation et des interactions continues, sms, aide au partage de contenus, des  commentaires et des « like »…  Le social shopping doit être vu comme l’occasion d’enrichir l’expérience client avant, pendant (à l’aide de borne interactive) et après le passage en magasin. Il se construit autour d’une nouvelle donnée de base : l’avis des pairs commence à jouer un rôle croissant sur les choix du consommateur. D’après Luz, très en pointe sur ce dossier, 98% des utilisateurs d’une borne digitale en magasin partagent leurs photos pour recueillir les avis de leurs proches. 


Soins coordonné

 La loi HPST de 2009 va progressivement structurer l’ensemble du système de santé., autour de nouvelles modalités de prise en soin, par le biais d’équipes pluridisciplinaires. Il s’agit de repenser la médecine de ville en reconfigurant et en redéployant les champs de compétences dans le sens de la transversalité. La loi Le Roux comme la loi Hamon ont imposé des visions économistes au domaine de la santé. Pourtant les besoins sont là, au premier rang desquels la prise en charge de la dépendance. Dans le cadre des soins coordonnés, l’opticien peut avoir un rôle éminent à jouer.  Un site : www.soinscoordonnes.eu


Solaires

En 2013 il s’est vendu 5,4 millions de paires de lunettes solaires (+2%) pour un prix moyen de 110 euros (-3 euros). Le segment des solaires comprises entre 100 et 200 euros a particulièrement souffert : - 11%. Les segments haut de gamme et entrée de gamme quant à eux ont progressé chacun de 22%. Les opticiens vendent en moyenne 11 marques solaires pour 59 modèles différents.   

Les critères de choix montrent un consommateur très mûr au produit, privilégiant la protection au look, même si celui-ci demeure un item de base :

-              Protection anti-UV : 53%

-              Esthétique 46% (62% dans la classe 16-24 ans)

-              Qualité solidité : 29%

-              Prix : 23%

-              Conseil de l’opticien : 19% (item en très forte hausse)

-              Rapport qualité-prix : 14%

-              Marque : 6% (mais 15% chez les 16-24 ans)

-              Conseil d’un vendeur : 6% (3% seulement chez les 16-24 ans)

(Source : Baromètre ASNAV 2014).

La valeur ajoutée du conseil de l’opticien est tout à fait reconnue par le consommateur ; légitimant l’homme de l’art dans son rôle de spécialiste. Le look est largement surévalué par rapport aux marques. La forme prime donc la griffe, jusques et y compris chez les jeunes. Dans le match entre le style et le logo, le style ressort donc vainqueur par KO. C’est une donnée dont il faudrait savoir tenir compte.

Menée au printemps dernier par Promise Consulting, en partenariat avec le Huffington Post, une étude laisse apparaître que parmi les 10 marques de solaires favorites des Français, 6 sont… italiennes. Ray-Ban, Police, Prada, Diesel, Guess et Dolce & Gabbana figurent notamment en bonne place du classement.  

En ce sens, il apparaît que les femmes optent principalement pour un trio de tête 100% italien :    Ray-Ban (36%), Gucci (22%) et Prada (22%), tandis que les hommes placent, après l’indétrônable                 Ray-Ban (57%), les marques Police (36%) et Vuarnet (26%). Cette dernière est ainsi la seule marque tricolore à tirer son épingle du jeu en figurant dans ce Top 3 masculin. 

Les Français choisissent des formes vintage devenues cultes. Ainsi, la forme « Pantos », très en vogue dans les années 1940, recueille cette année tous les suffrages, principalement chez les femmes (47%) et chez les plus jeunes (41% des 18-34 ans).

Ce classement met par ailleurs clairement en évidence l’hégémonie d’un modèle désormais emblématique : les « Aviator ». Portée dans un premier temps par l’US Army dans les années 1930, cette forme est devenue un incontournable, surtout chez les hommes (52%). Il est également à noter que les 35-54 ans, n’ont quant à eux, hésitent entre les deux : arrivent ainsi ex-aequo la forme Pantos et Aviator (33%). La forme « ovale », souvent citée en troisième position, connaît un succès plus relatif (14% des suffrages).

Le coût d’une paire de lunettes de soleil des marques citées est assez conséquent, tandis que le budget moyen déclaré pour l’achat de la dernière paire de lunettes de soleil est assez faible. Ainsi, 40% des personnes interrogées y ont consacré moins de 50 euros. Néanmoins, le montant alloué à l’achat d’une paire de solaires double selon l’âge. En ce sens, les 18-34 ans ont un budget moyen de 86 euros, tandis que les plus de 55 ans ont quant à eux une enveloppe  équivalente à 163 euros.

"L'engouement pour les Ray-ban, la forme "panthos", le succès des "aviator" montrent que le vintage - souvent revisité il est vrai - reste une valeur sûre. Coquetterie ou façon de se déculpabiliser, les Français en déclaratif se refusent à admettre le prix réel payé pour leur dernière paire de lunettes. Comme tout accessoire de mode, la part de dépense "superflue" est bien vite oubliée.... pour le plaisir du paraître", déclare Pr Philippe Jourdan, associé fondateur de Promise / Panel On The Web.


Syndicats

D’après la CDO 72% des opticiens ne se sentent pas vraiment représentés par les syndicats professionnels. Un ressenti qui est à l’image de la société française, frileuse devant les engagements collectifs. En optique, ce n’est pourtant pas les syndicats qui manquent ! a… 


Thérapies génétiques

Les pathologies de la rétine sont l’une des principales causes de malvoyance chez l’adulte et l’enfant. Elles touchent plusieurs millions de personnes en France. Toutes les formes de dégénérescences rétiniennes ont en commun le fait qu’elles ne peuvent être traitées que très partiellement ou qu’elles sont actuellement incurables. Les thérapies géniques offrent désormais un espoir. Elles consistent à insérer, au sein même des cellules du malade, une version saine du gène défectueux à l’origine de la pathologie. Ce gène fonctionnel ajouté permet alors aux cellules du patient de produire la protéine dont l’absence causait la maladie. L’œil est un organe de choix pour de telles thérapies. D’abord parce qu’on connaît de nombreux  gènes responsables des maladies. Ensuite parce que l’œil est de petite taille et ne nécessite pas de grande quantité de produits (contrairement aux muscles). Enfin sa position « isolée » du reste de l’organisme (et notamment du système immunitaire) facilite le traitement.  Expérimentées sur l’animal, avec des résultats encourageants, les thérapies géniques vont très prochainement faire l’objet des premiers essais sur l’homme.

(Source : Congrès Retina International)


Tiers-payant

La question du tiers-payant est le 3e souci de l’opticien après les OCAM et la déontologie (source CDO). 61% des opticiens estiment que la confidentialité des données de santé du porteur doit prévaloir sur la simplification des échanges avec les OCAM.


Troubles de la vision

Les troubles de la vision sont les atteintes sensorielles les plus  fréquentes : 3 personnes sur 4 de plus de 20 ans et 97% des plus de 60 ans. 70% de la population portent une correction oculaire. Une fois équipés, 92% des Français déclarent n’avoir aucune difficulté pour voir de près et 96% aucune difficulté à voir de loin. Reste donc 8% de déçus au près et 4% de déçus au loin.

24% des personnes de 80 ans et plus souffrent de difficultés pour déchiffrer le journal et 17% ont du mal à reconnaître un visage à 4 mètres, alors qu’elles sont corrigées. Les femmes sont plus nombreuses à déclarer souffrir de troubles de la vision. Les inégalités sociales sont également très fortement corrélées au niveau de performances visuelles,  avec des phénomènes de  non correction chez les travailleurs pauvres.  C’est à partir de 40 ans, avec l’accroissement des besoins, que les disparités socio-professionnelles s’envolent en produisant 3 types de catégories : Cadres et Professions intermédiaire ; Employés, Indépendants et Ouvriers ; Sans emploi. Chacune de ses catégories voient les inégalités augmenter avec l’âge.

Important : pour 2/3 des personnes déclarant des difficultés à lire le journal, il s’agit de porteurs de correction. Cette gêne relève donc moins de l’absence de correction que d’une insuffisance de correction. (source : DRESS juin 2014). 

Trouble ressenti

Ensemble des Français

16-24 ans

Fatigue oculaire

36%

40%

Picotement

31%

20%

Flou, difficulté à voir de loin, points noirs ou blancs

29%

28%

Migraine-Maux de tête

23%

29%

Mal aux yeux, sensation de brûlure

10%

15%

Larmoiement

7%

7%

Yeux rouges

3%

4%

Autres

9%

12%

 

(Source : Baromètre ASNAV 2014)


TVA

La TVA sur l’optique à 5,5% ? Réclamée depuis des années par la FNOF, cette baisse légitime de la TVA a fait l’objet au printemps dernier d’une proposition de la sénatrice PS Karine Claireaux. Il s’agirait d’aligner ce taux sur celui classiquement appliqué sur toute autre prothèse médicale. Ce qui constituerait un acte fort de la part du gouvernement pour agir véritablement en faveur de la baisse des prix en optique…


Verres

Il s’est vendu l’an passé 34 millions de verres (hors Corse et Dom-Tom), pour un total de 3,22 milliards d’euros (+2,4%). Hors équipement gratuit, cela situe le prix du verre moyen à 133 euros (soit une hausse de 3 euros).

 

VOLUME

VALEUR

PROGRESSIFS

35%

62%

UNIFOCAUX

65%

38%

 

En dépit de la pression des assurances, les produits poursuivent leur monté en gamme. De nouvelles catégories s’imposent (anti-lumière bleue). L’offre est de 3,6 marques par magasin, soit 60 références.  L’Autorité de la Concurrence est extrêmement vigilante sur le marché du verre ophtalmique en ce moment.


Vision et neurosciences

Au carrefour de l’optique, des neurosciences et des nouvelles modélisations mathématiques, les recherches actuelles concernent les interactions œil-cerveau, et plus particulièrement en situation de vieillissement. Les mécanismes de dégénérescence des fonctions perceptives et cognitives, même lorsqu’elles paraissent ordinaires comme dans le cas de la presbytie, sont encore mystérieux. Or les besoins vont être immenses : la population des plus de 65 ans va tripler d’ici 2050 ! Il s’agit désormais de concevoir de nouvelles catégories de produits, de nouveaux protocoles de réadaptation  aptes à compenser les effets du vieillissement visuel.  C’est tout le sens  de la création récente d’un laboratoire de recherche « Vieillissement Visuel, Action et Autonomie », fruit du partenariat entre Essilor et l’Institut de la Vision. L’avenir des missions et des innovations produits de l’opticien s’écrit actuellement dans cet espace entre vision et neurosciences.


Volume

Le goulet d’étranglement de la prescription ne permet pas d’effet volume sur le marché. Il est donc erroné de croire qu’un filtre de plus, celui des OCAM, peut y pourvoir. Celui-ci ne fait que réorienter des flux de façon concurrentielle, mais sans les augmenter. Il n’a pour effet que de mettre le marché sous tension, sans en agrandir le périmètre.

De plus cet entonnoir de la prescription (que le décret de 2007 a à peine entamé) empêche un développement par l’amélioration de la productivité ou par une baisse drastique des prix ; celle-ci ne serait pas compensée par une hausse de la demande.